Le gouvernement brésilien a annoncé des investissements d’environ 2,3 milliards de réaux (444,2 millions de dollars) pour renforcer son écosystème d’intelligence artificielle, répartissant les projets entre des entreprises américaines et chinoises, a révélé l’agence de presse britannique, Reuters.
Un peu plus de la moitié du budget total, soit 1,3 milliard de réaux, financera un projet d’infrastructure de supercalculateurs à Rio de Janeiro, développé en partenariat avec les entreprises chinoises Huawei Technologies et iFlytek. Le gouvernement du président Luiz Inácio Lula da Silva a indiqué que cette infrastructure servira principalement au développement de grands modèles de langages pour des applications générales et sectorielles.
Par ailleurs, environ un milliard de réaux sera alloué par le biais d’un appel d’offres pour un supercalculateur que le Brésil espère voir figurer parmi les dix machines de traitement d’IA les plus puissantes au monde. La machine sera installée dans l’État du Rio Grande do Norte, au nord-est du pays, choisi pour son potentiel énergétique. Lula a assisté à une cérémonie d’annonce dans cet État, le 20 août.
Des responsables gouvernementaux, s’exprimant sous couvert d’anonymat, ont indiqué s’attendre à ce que le fabricant américain de puces Nvidia remporte l’appel d’offres. La ministre des Sciences et de la Technologie, Luciana Santos, a déclaré la semaine dernière au journal Folha de S. Paulo qu’elle prévoyait que cette entreprise serait le fournisseur.
« La stratégie est de ne pas dépendre d’une seule entreprise, technologie ou pays », a déclaré l’administration de Lula dans un communiqué, ajoutant que les investissements visent à renforcer la souveraineté nationale sur les données.
La Chine, acteur majeur de l’IA, a renforcé son rôle de premier partenaire commercial du Brésil. Les États-Unis restent eux la principale source d’investissement direct étranger (IDE) dans la plus grande économie d’Amérique latine, en dépit d’une perte de parts de marché commerciales et l’instauration récente de tarifs douaniers supplémentaires sur les produits brésiliens.
Les investissements seront financés par le Fonds national pour le développement scientifique et technologique, via des décaissements échelonnés. Le gouvernement prévoit aussi que le supercalculateur commencera à fonctionner d’ici la fin de l’année 2027, tandis que l’accord de coopération avec les entreprises chinoises doit débuter en juillet 2027.