Les obligations d’État de la Chine admises dans le CAC 40 mondial de la dette

par | Avr 6, 2021 | ECONOMIE

Les emprunts de l’État chinois vont faire leur entrée dans le CAC 40 mondial de la dette. La prévision se situe au niveau de 150 milliards de dollars absorbés sur trois ans, ce qui permet aux bons du Trésor de ne pas être encore menacés.

Le fournisseur d’indices financiers FTSE a confirmé début avril que les obligations souveraines chinoises seraient incluses dans son indice obligataire phare, le World Government Bond Index (WGBI) à partir de la fin de l’année 2021.

Cette intégration se fera progressivement sur une période plus longue que prévu, soit 36 mois au lieu d’une année, selon les années de FTSE. La filiale de la Bourse de Londres spécialisée dans la création d’index financiers a expliqué à l’agence de presse Reuters que ce calendrier est «plus conservateur» que prévu, en raison de la prise en compte des commentaires des acteurs du marché, notamment les japonais, inquiets par le règlement et la liquidité des emprunts chinois.

«La nature des investisseurs [qui suivent le WGBI] est très différente des autres indices», a expliqué Zhanying Li, ancien responsable des ventes chez FTSE. Selon lui, «il y a une grande base d’investisseurs passifs derrière WGBI […] Leur préférence était pour une petite augmentation [du volume d’obligations d’Etat chinoises intégrées à l’indice] mensuelle.»

Les investisseurs japonais, dont le Fonds d’investissement des pensions du gouvernement (GPIF) du Japon, sont les plus gros utilisateurs du WGBI. Or, selon les analystes cités par Reuters, l’animosité historique entre la Chine et le Japon a contribué aux inquiétudes concernant les investissements dans les actifs chinois.

«Les pensions publiques sont en fin de compte l’argent des citoyens et certains citoyens peuvent ne pas aimer l’allocation à la Chine», a déclaré une source proche des négociations pour l’inclusion de la Chine dans l’index cité par Reuters.

Mais FTSE a tenu à rassurer en soulignant qu’il était en mesure de fournir des variantes personnalisées de l’indice aux investisseurs préoccupés par les investissements dans les CGB. Une perspective étudiée sérieusement par le GPIF.

En effet, le GPIF a déclaré à Reuters que «puisqu’il reste encore du temps avant l’inclusion réelle, nous aurons des discussions internes pour étudier comment nous allons y faire face.»

150 milliards de dollars en trois ans HSBC a déclaré qu’avec environ 2 500 milliards de dollars suivant le WGBI, quelque 150 milliards de dollars de dette souveraine chinoise pourraient être absorbés, compte tenu de la pondération finale de 5,25% de la Chine au rythme d’environ 3,6 milliards de dollars par mois.

«D’un point de vue global, cela améliore les statistiques d’inclusion de l’indice – le fait de ne pas avoir le deuxième plus grand pays était un manque», a estimé Binay Chandgothia, gestionnaire de portefeuille chez Principal Global Investors à Hong Kong. «Cela augmentera également un peu le rendement de l’indice», a-t-il ajouté.

La dette de la Chine est déjà de plus en plus appréciée des investisseurs mondiaux, attirés par son rendement et sa relative isolation des mouvements d’autres marchés obligataires. D’ailleurs, les investisseurs étrangers détenaient un record de 2 000 milliards de yuans (258,8 milliards d’euros) d’obligations d’Etat chinoises (CGB) en février.

Les CGB de référence à 10 ans ont rapporté 3,202% fin mars, contre 1,7419% pour les T-notes, les bons du Trésor des Etats-Unis.

Le WGBI est donc l’indice de référence mondial du marché des obligations d’État en monnaie locale.

Il comprend les dettes souveraines de 22 pays libellées dans 14 monnaies. Les obligations du Trésor des Etats-Unis représentent actuellement 35,7% de l’ensemble, devant celles d’un groupe de neuf Etats membres de la zone euro – dont la France, l’Allemagne et l’Italie – (34,63%), du Japon (17,35%), et du Royaume-Uni (5,48%). En attendant l’arrivée de la Chine, le reste (6,78%) se répartit entre dix pays : Australie, Canada, Danemark, Israël, Malaisie, Mexique, Norvège, Pologne, Singapour et Suède.

N.B. Les obligations d’État sont des valeurs mobilières représentatives d’une fraction des dettes à long terme d’un État. Ces titres prévoient théoriquement le versement d’un intérêt appelé « coupon » en contrepartie de l’avance de fonds consentie par des investisseurs.

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