De notre stagiaire Julia Peillon – Supermarchés, librairies, magasins de nouilles… En Chine, les commerces de détail ont accueilli à bras ouverts l’ère de l’automatisation et l’arrivée d’un mode d’exploitation sans vendeurs.

En 2017, cette technologie a été adoptée par de nombreux secteurs, entraînant un remodellage des espaces de vente. Le site zaobao.com, dans un article publié le 21 février, évoque l’ouverture, en janvier à Guangzhou, d’une librairie automatique.

Pour pénétrer dans l’établissement, le client scanne à l’entrée un code QR avec son téléphone portable, ce qui actionne l’ouverture des portes. Il trouvera à l’intérieur ni vendeur ni caissier, mais il lui suffit de sélectionner, dans l’espace de paiement de la librairie, les livres et objets artisanaux qu’il souhaite acheter, puis de scanner à nouveau un code avec l’application WeChat (utilisée notamment par les Chinois pour les paiements en ligne). Une fois le paiement effectué, les portes s’ouvrent et le client peut repartir.

Fang Hao, responsable du réseau international Chirk Up Coworking, explique que ce type de technologie est particulièrement prisé des jeunes entrepreneurs, attirés par son caractère novateur. Depuis son ouverture il y a plus d’un mois, la librairie a rencontré un certain succès sans avoir eu recours à aucune campagne publicitaire.

Outre Guanghzou, de nombreuses villes du pays ont vu fleurir des librairies automatiques ou en libre-service. Ce mode de vente attire également les détaillants en ligne. Pour savoir si cette technologie sera amenée à se généraliser, elle devra d’abord passer l’épreuve du marché. Pour l’heure, le bon accueil qu’ont reçu les épiceries et supermarchés sans vendeurs a amené de nouveaux commerces à franchir le pas.

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Selon le « Rapport 2017 relatif aux espaces de vente automatiques en Chine », publié par l’entreprise Aimei Consulting, ce marché devrait réaliser un chiffre d’affaire global de 38,94 milliards de yuans (5 millions d’euros) en 2017 et devrait dépasser 1,8 billions de yuans (235,1 milliards d’euros) d’ici 2022. On estime qu’il bénéficiera d’une croissance de 281% d’ici 2020.

Wang mumu, co-fondateur des magasins EasyGo, souligne que ces commerces nécessitent un investissement de près de 100 000 yuans (82 000 €) et permettent, si l’on se base sur les conditions d’exploitation actuelles, de dégager un chiffre d’affaire d’environ 2000 yuans (1640€) par jour et par magasin, soit 60 000 yuans (49 200€) par mois. Avec une marge brute estimée à 35% et en fonction de différents facteurs, l’investissement peut déjà être amorti au bout de huit mois. C’est à peu près le temps que mettent les librairies automatiques pour devenir rentables.

Avec l’augmentation du coût de la main d’œuvre, les magasins sans vendeur disposent d’un fort atout. Toutefois, ce modèle d’exploitation n’en est qu’à ses balbutiements et a encore de nombreux défis à relever. Comme le souligne un rapport publié par le groupe GF Securities, ces magasins automatisés limitent les dépenses relatives à la main d’œuvre et à la location des locaux commerciaux, mais investissent davantage dans la technologie.

À l’heure actuelle, aucun avantage n’a été observé sur les ventes journalières de ces commerces, et l’investissement s’élève à près de 10 000 yuans par mètre carré. L’amélioration de la chaîne d’approvisionnement est au cœur du développement des magasins sans vendeurs. Ce développement dépend également de l’évolution du niveau de vie de la population chinoise.

Enfin, ces magasins sont confrontés à une certaines confusion de la part des consommateurs. L’ensemble de ces points constitue les défis que devront demain relever les commerces automatiques.