Plusieurs pays d’Afrique de l’ouest ont récemment arrêté 12 navires de pêche, dont 9 pavillons chinois, pour pêche illicite.

Greenpeace et les responsables locaux ont inspecté les navires durant leur surveillance conjointe au large des côtes sierra-léonaises, bissau-guinéennes et guinéennes, au cours de la semaine dernière. Ils ont découvert de nombreuses carcasses de requins, de requins-marteaux (une espèce menacée) et de raies manta à bord de plusieurs navires.

Ahmed Diamé, chargé de campagne océans de Greenpeace Afrique, a indiqué dans le communiqué de l’ONG que « ce à quoi nous assistons ici est en totale violation des réglementations  ouest-africaines en matière de pêche. Cela montre également que les législations nationales doivent être renforcées afin de les harmoniser avec les normes internationales, selon lesquelles les requins menacés ne constituent plus de prises légales« .

Greenpeace recommande aux pays côtiers « d’améliorer leurs capacités de suivi et leurs législations nationales afin de protéger la vie marine et les moyens de subsistance des pêcheurs locaux« .

9 navires chinois ont été inspecté. « Dans l’un des navires chinois, une lettre a été trouvée, émise par l’association chinoise de pêche hauturière en date du 10 mars et informant de la surveillance conjointe et rappelant aux navires de pêche chinois de pratiquer une pêche légale et de coopérer lors des inspections des autorités« , précise Ahmed Diamé.

En dépit de cette lettre d’information, les navires opéraient en eaux interdites et usaient de filets à maille réduite facilitant une plus grande prise. Pavel Klinckhamers, chef de campagne à bord de l’Esperanza, a déploré le non respect des règles, ajoutant « nous pensions que la lettre aurait dissuadé les navires de pêche chinois de pratiquer des activités illégales au cours de la période des patrouilles conjointes, mais cela ne fut apparemment pas le cas« .

« Plusieurs bateaux de pêche appartenant à des entreprises chinoises ont poursuivi leurs activités de pêche illicite, malgré la mise en garde. Cela montre le total mépris de ces entreprises à l’égard des législations nationales, alors qu’elles devraient pratiquer à une pêche responsable dans ces eaux« , a expliqué ce dernier. Au cours de la surveillance conjointe, 7 navires chinois ont arraisonné.

Actuellement, 41 navires de pêche opérant dans les eaux guinéennes possèdent une licence les autorisant à pratiquer la pêche démersale et la pêche pélagique, dont 35 navires chinois.

D’après Greenpeace, les eaux de l’Afrique de l’Ouest comptent parmi les plus poissonneuses de la planète. Ils sont écumées illégalement par plusieurs chalutiers industriels étrangers, « du fond jusqu’à la surface ». Une étude publiée dans le journal Frontiers in Marine Science, estime que la pêche illégale et l’absence d’une régulation du secteur maritime coûtent chaque année 2,3 milliards de dollars à la région ouest-africaine.