La Chine a publié le 15 juin 2022 ses premières directives de diagnostic et de traitement pour la variole du singe. Le gouvernement chinois a indiqué que le virus peut se propager via contact étroit et via gouttelettes, précisant que la plupart des patients peuvent récupérer sans traitement spécial.

La directive a été publiée par la Commission nationale de la santé, alors que le décompte mondial de cette maladie contagieuse augmente et que les experts de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se demandent s’il convient ou pas de déclarer le déclenchement d’une urgence de santé publique de portée internationale.

D’après l’Organisation mondiale de la santé, la variole du singe est une maladie infectieuse émergente causée par un virus transmis par des animaux infectés, le plus souvent des rongeurs. Elle peut ensuite se propager d’une personne à l’autre, mais la transmission de personne à personne ne peut à elle seule entretenir une éclosion.

La variole a été éradiquée dans le monde entier en 1980. Cependant, la variole du singe est encore présente sporadiquement dans des régions d’Afrique centrale et occidentale, près des forêts tropicales humides, a indiqué l’OMS.

Selon la directive chinois, le virus de la variole du singe se transmet principalement par contact étroit avec une personne infectée et peut se propager par des gouttelettes respiratoires ou par contact avec du matériel contaminé. Il peut également passer entre la mère et le bébé pendant la grossesse ou l’accouchement.

La maladie est souvent spontanément résolutive, mais des cas graves peuvent survenir chez les jeunes enfants ou les personnes dont le système immunitaire est affaibli. Le taux de létalité de la souche ouest-africaine est de 3%, alors que pour le variant du bassin du Congo, il peut atteindre 10%.

« La période d’incubation de la variole du singe varie de 5 à 21 jours. Les cas suspects et confirmés doivent être admis dans des services d’isolement, mais aucun traitement ciblant directement la maladie n’est actuellement disponible », a indiqué la directive.

« Les autorités sanitaires locales devraient organiser une formation sur la variole du singe et améliorer les capacités à détecter, signaler, isoler et traiter rapidement les cas », a déclaré la Commission nationale de la santé.

L’OMS a fait savoir lors d’une conférence de presse mardi qu’elle avait reçu cette année des rapports de 1600 cas confirmés et 1500 cas suspects de variole du singe en provenance de 39 pays. Parmi eux, 32 pays sont nouvellement touchés par le virus et la souche qui y a été détectée est le variant ouest-africain, soit le moins meurtrier.

« L’épidémie mondiale de variole du singe est clairement inhabituelle et préoccupante », a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Ce dernier a expliqué que « pour cette raison, j’ai décidé de convoquer le comité d’urgence la semaine prochaine […] pour évaluer si cette épidémie représente une urgence de santé publique de portée internationale ».

Rosamund Lewis, une spécialiste de la variole du singe à l’OMS, a indiqué que l’OMS mettait en place un mécanisme visant à déployer des vaccins contre la variole – une maladie étroitement liée à la variole du singe – dans les pays qui en ont besoin.

L’OMS ne recommande actuellement pas de vaccinations de masse. De son côté, la Chine n’a signalé aucun cas de variole du singe jusqu’à présent, mais les chercheurs nationaux ont commencé à augmenter les capacités de test.

Xu Wenbo, chef de l’Institut national de contrôle et de prévention des maladies virales du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies (CDC Chine), a déclaré que l’institut avait développé une technologie de test PCR ciblant la variole du singe et avait examiné sa sensibilité et sa spécificité contre la souche ouest-africaine. « La Chine est capable d’identifier rapidement les cas importés de variole du singe » a assuré ce dernier.