Taipei appelle Beijing à « débuter sans tarder un processus de réforme politique, à mener une transition démocratique, à institutionnaliser la protection de la liberté d’expression et de croyance de la population, et à réellement faire face à la vérité historique du massacre du 4 Juin ».

« En juin 1989, des étudiants et travailleurs chinois ont défendu au péril de leur vie la démocratie, la liberté, l’état de droit et les droits humains, un mouvement brutalement réprimé par les dirigeants du parti communiste chinois sur lequel la vérité n’a toujours pas été faite et dont les victimes n’ont pas été réhabilitées« , a déclaré le 3 juin le ministère des Affaires continentales.

Pour le ministère, « ces dernières années, le Parti Communiste Chinois a engagé des réformes et mené des campagnes de lutte contre la corruption. Toutefois, il a également intensifié sa répression des libertés et sa consolidation de la dictature du parti unique ».

Ces déclarations viennent s’ajouter aux propose de la dirigeante de Taïwan, Tsai Ing-wen qui a assuré que «la liberté est comme l’air : on ne s’aperçoit de son existence que lorsqu’on suffoque. N’oublions jamais le 4 Juin».

Cette dernière a rencontré, le 23 mai au Palais présidentiel, une délégation d’anciens responsables étudiants chinois en xil, présents lors des manifestations de la place Tiananmen à Pékin, ainsi que des militants pro-démocratie venus d’outre-mer.

Cette rencontre est la première du genre à Taïwan. Parmi la délégation, Wang Dan, Wang Juntao, Zhou Fengsuo, Fang Zheng et Wu Renhua, venus participer à Taipei à une conférence universitaire sur les événements de Tiananmen.

«Le caractère civilisé d’un pays dépend de la manière dont son gouvernement traite la population et fait face aux erreurs du passé», a déclaré Tsai Ing-wen, regrettant que «le gouvernement chinois non seulement n’ait pas l’intention de réfléchir aux erreurs passées, mais continue à dissimuler la vérité».

Cette dernière a partagé les déclarations du ministère des Affaires continentales, regrettant «l’érosion des libertés publiques à Hongkong, territoire auquel est appliquée la formule Un pays, Deux systèmes».

«Ce phénomène met en évidence le fait que la démocratie et l’autoritarisme sont deux systèmes qui ne peuvent coexister au sein d’un même pays, a-t-elle ajouté. Soyez-en certains : Taiwan préservera la démocratie et la liberté. Quelles que soient les menaces et les tentatives d’infiltration, tant que je serai présidente, Taiwan ne cédera jamais à la pression».

Tsai Ing-Wen

Dans son communiqué, le ministère des Affaires continentales a dénoncé «le mensonge continu des autorités de Pékin au sujet des événements de la place Tiananmen, mais aussi le mensonge que constitue l’affirmation par Pékin que les chinois ne s’attaquent pas aux Chinois».

Le ministère a appelé le Parti communiste chinois à faire face à ses erreurs, à s’excuser sincèrement et à redresser les tords, afin que les victimes du 4 Juin puissent reposer en paix.

« Seules des réformes politiques et démocratiques autorisant l’émergence d’une société civile forte permettront de résoudre véritablement les profondes contradictions sociales existant en Chine », a estimé le ministère, en rappelant que Taïwan peut constituer un modèle pour la démocratisation de la Chine.