Le premier ministre japonais Fumio Kishida a rencontré le président chinois Xi Jinping en marge du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) à Bangkok le 17 novembre 2022.

Le premier ministre japonais Fumio Kishida a indiqué à la presse avoir fait part au président chinois Xi Jinping de «sérieuses inquiétudes» sur plusieurs questions sécuritaires régionales, après le premier tête-à-tête entre les deux hommes, à Bangkok.

«J’ai […] manifesté de sérieuses inquiétudes à propos de la situation en mer de Chine orientale, notamment aux îles (disputées, ndlr) Senkaku, et à propos d’activités militaires chinoises incluant des tirs de missiles balistiques à partir de la Chine, et j’ai insisté sur l’importance de la paix et de la stabilité dans le détroit de Taïwan», a affirmé Fumio Kishida.

Dans le même temps, le Premier ministre japonais Fumio Kishida et le président chinois Xi Jinping ont convenu d’œuvrer à la stabilisation des relations bilatérales et ont exprimé leur opposition à toute utilisation d’armes nucléaires en Ukraine, une réponse voilée à la menace de la Russie de les utiliser éventuellement contre l’Ukraine.

Le président chinois Xi Jinping a déclaré que la Chine était prête à travailler avec le Japon afin de maintenir l’orientation générale des relations bilatérales depuis une perspective stratégique et de bâtir des relations sino-japonaises qui répondent aux exigences de la nouvelle ère.

Selon l’agence de presse Xinhua, Xi Jinping a indiqué que la Chine et le Japon « devaient faire preuve de sincérité l’une envers l’autre, se traiter avec confiance, respecter les principes énoncés dans les quatre documents politiques Chine-Japon ». Chaque pays « doit envisager le développement de l’autre d’une manière objective et rationnelle, et traduire en mesures concrètes le consensus politique selon lequel les deux pays doivent être des partenaires et non des menaces l’un pour l’autre ».

Concernant Taiwan, le président chinois a indiqué que « les grandes questions de principe comme l’Histoire et Taiwan pèsent lourdement sur les fondements politiques des relations sino-japonaises et sur la confiance fondamentale entre les deux pays, et doivent donc être traitées avec bonne foi et de manière appropriée. La Chine ne s’immisce pas dans les affaires intérieures d’autres pays, et n’accepte aucune excuse de la part de quiconque pour s’ingérer dans ses propres affaires intérieures« .

De son côté, Fumio Kishia a indiqué que « les engagements pris par le Japon dans le Communiqué conjoint Japon-Chine n’ont pas du tout changé », d’après Xinhua. Ce dernier s’est dit prêt à renforcer le dialogue et la communication avec la Chine.

Sur les questions relatives aux différends maritimes et territoriaux, « il est essentiel de respecter les principes et consensus déjà atteints et de faire preuve de sagesse et de responsabilité politiques pour gérer correctement les divergences », a indiqué Xi Jinping.

Le Premier ministre japonais s’est accordé avec Xi Jinping pour renforcer les communications sur la sécurité, reprendre une hotline entre les responsables de la défense des deux pays au plus tôt et coordonner une visite en Chine du ministre des Affaires étrangères Yoshimasa Hayashi.

Le Premier ministre a également déclaré qu’il exprimait les sérieuses inquiétudes du Japon concernant les programmes nucléaires et de missiles de la Corée du Nord et a exhorté la Chine à aborder la question au Conseil de sécurité de l’ONU et dans d’autres instances.

Il a également indiqué avoir sollicité le soutien de la Chine pour résoudre le problème des enlèvements passés de ressortissants japonais par Pyongyang. Un point qui n’a pas été évoqué par l’agence de presse chinoise Xinhua dans son compte-rendu de la rencontre entre les deux hommes.

Les deux dirigeants ont convenu de promouvoir la coopération dans des domaines tels que l’économie numérique, le développement vert, la fiscalité, la finance, la santé et les soins aux personnes âgées, ainsi que dans le maintien de chaînes industrielles et d’approvisionnement stables et non engorgées.

Ils vont aussi reprendre le dialogue économique bilatéral de haut niveau ainsi qu’un programme d’échanges interpersonnels et culturels qui ont été suspendus en raison de la pandémie de COVID-19. Fumio Kishida a enfin demandé à la Chine de lever rapidement son interdiction d’importer des produits alimentaires japonais imposée après la crise nucléaire de Fukushima en 2011.