Deux anciens membres d’équipage de la compagnie aérienne hongkongaise Cathay Pacific ont été placés en détention le 17 novembre pour avoir enfreint les mesures de restriction sanitaires à Hong Kong. Ils sont accusés avoir propagé le variant Omicron en 2021.

Jusqu’en septembre 2022, Hong Kong a maintenu une politique de «zéro covid», similaire à celle du continent, afin de contenir la propagation du virus. Mais le variant Omicron, apparu en janvier, plus contagieux que les autres, a tué des milliers de personnes à Hong Kong, qui a désormais un taux de mortalité par habitant le plus élevé d’Asie.

D’après les autorités, certains des premiers cas Omicron ont permis de remonter à deux stewards de Cathay Pacific, Wong Yoon-loong, 46 ans, et Nilsson Lau, 45 ans. Les deux hommes ont été reconnus coupables d’avoir propagé le virus, lors d’une escale à Hongkong à Noël 2021.

Les deux hommes ont été depuis licenciés de la compagnie, mais ils bénéficiaient auparavant d’un assouplissement des règles de quarantaine et n’étaient pas tenus de rester confinés à l’hôtel comme le reste des voyageurs arrivant sur Hong Kong.

Les prévenus ont «abusé des droits et des privilèges accordés par le gouvernement» et ont provoqué la contamination d’autres personnes, a dénoncé le magistrat Edward Wong.

Selon l’enquête, à leur arrivée à Hong Kong, les deux collègues de travail s’étaient retrouvés, avaient partagé des repas au restaurant avec des amis et fait du shopping. Ces activités ne relevaient pas des «activités essentielles» leur permettant de quitter leur domicile pendant cette période de surveillance médicale, a précisé le magistrat.

Un épidémiologiste du gouvernement a déclaré qu’Edward Wong avait peut-être contaminé Nilsson Lau, qui a ensuite transmis le virus aux clients d’un restaurant chinois d’un centre commercial.

Les avocats de la défense ont indiqué que les deux hommes ne sont pas à l’origine de la propagation d’Omicron à Hong Kong et n’ont pas violé les restrictions intentionnellement.

Les deux hommes risquent chacun six mois de prison et une amende de 5.000 dollars hongkongais (620 euros). Ils ont été maintenus en détention dans l’attente de leur peine, qui sera prononcée le 1er décembre.

Lorsque l’affaire a été dévoilée, le PDG de Cathay Pacific Patrick Healy avait estimé qu’une «infime minorité» d’irrespectueux ne devait pas minimiser le travail de la compagnie aérienne à Hong Kong. Ce dernier a précisé que les équipages de Cathay ont passé un total de 73.000 nuits en quarantaine en 2021, ce qui est «sans-précédent».