Le 30 avril 2026, Wang Yi, membre du Bureau politique du Comité central du PCC et ministre des Affaires étrangères, s’est entretenu par téléphone avec Marco Rubio, secrétaire d’État américain. Quinze jours après la déclaration du président chinois, Donald Trump, que « le président Xi me fera un gros câlin quand j’arriverai dans quelques semaines », une référence à sa visite à Pékin prévue les 14 et 15 mai.
Ce déplacement était initialement prévu fin mars ou début avril mais, mais il a été reporté en raison du conflit au Moyen-Orient. Pourtant, selon le journal Financial Times, l’Iran a utilisé un satellite espion chinois pour scruter des bases américaines au Moyen-Orient avant de le viser avec des drones ou des missiles.
Dans un entretien diffusé le 15 avril sur la chaîne Fox Business, le président américain Donald Trump a affirmé avoir demandé à son homologue chinois Xi Jinping de ne pas donner d’armes à l’Iran et que ce dernier lui a répondu ne pas le faire.
« Il a répondu à une lettre que je lui avais écrite parce que j’avais entendu que la Chine donnait des armes » à l’Iran, a expliqué Donald Trump à la journaliste Maria Bartiromo. « Je lui ai envoyé une lettre demandant de ne pas le faire, et il m’a écrit une lettre disant, en substance, qu’il ne le fait pas », a-t-il poursuivi.
Marc Rubio met en garde Pékin sur Taïwan
Alors que l’Iran sera au cœur des discussions à Pékin entre Donald Trump et Xi Jinping, les Etats-Unis commencent à énoncer leurs exigences avant le voyage de Donald Trump en Chine: parmi lesquelles Taïwan. Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a ainsi mis en garde le 5 mai contre toute initiative « déstabilisatrice » concernant l’île revendiquée par Pékin.
« Je suis sûr que Taïwan sera un sujet de conversation. Cela l’est toujours », a déclaré ce dernier pendant une conférence de presse à la Maison-Blanche, ajoutant que « nous n’avons pas besoin que des actions déstabilisatrices surviennent concernant Taïwan ».
Jusqu’ici, Washington et Pékin ne veulent pas que la guerre contre l’Iran, pays partenaire pour la Chine, trouble cette visite d’Etat. Donald Trump a ainsi jugé le 5 mai que Xi Jinping se montrait « très respectueux » envers les Etats-Unis à propos du conflit en Iran. Il a qualifié son homologue de « type formidable ».
Or Donald Trump a laissé entendre récemment, en termes énigmatiques, que la Chine pourrait avoir aidé l’Iran à reconstituer son armement. Pékin est un partenaire commercial et stratégique de Téhéran. Plus de 80 % des exportations de pétrole iranien étaient par exemple à destination de la Chine avant la guerre, selon la société d’analyse Kpler. Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi est d’ailleurs ce mardi en Chine.
Washington met ses exigences sur la table
Le 30 avril, Wang Yi a déclaré que la diplomatie des chefs d’État a toujours été un pilier de la stabilité des relations sino-américaines. Ce dernier a indiqué que la Chine et les Etats-Unis « doivent préserver cette stabilité chèrement acquise, préparer activement les discussions de haut niveau, approfondir leur coopération, gérer leurs différends et œuvrer à la construction d’une relation sino-américaine stratégique, constructive et stable, afin de parvenir au respect mutuel, à la coexistence pacifique et à une coopération mutuellement avantageuse ».
Il a également souligné que la question de Taïwan touche aux intérêts fondamentaux de la Chine et constitue le principal risque pour les relations sino-américaines. Les États-Unis doivent honorer leurs engagements et faire le bon choix afin d’ouvrir de nouvelles perspectives à la coopération sino-américaine et de contribuer activement à la paix mondiale.
Marco Rubio a déclaré que la relation sino-américaine est « la plus importante relation bilatérale au monde » et que « la diplomatie des chefs d’État est au cœur de cette relation ». La Chine et les Etats-Unis « doivent maintenir le dialogue et la coordination, se respecter mutuellement et gérer leurs différends avec discernement afin d’obtenir des résultats concrets pour les échanges de haut niveau et de rechercher la stabilité stratégique des relations sino-américaines ».






