La politique de population de la Chine est devenu un axe clé de sa stratégie économique. Alors que Pékin déploie sa campagne la plus ambitieuse pour enrayer la chute de la natalité, les données officielles sur la population devraient révéler une quatrième baisse annuelle consécutive.
Pékin anticipe un coût total potentiel d’environ 180 milliards de yuans en 2026 pour stimuler les naissances, selon les estimations de l’agence de presse Reuters, alors que les autorités tentent de rompre avec les dizaines d’années de contrôle strict des naissances, qui ont permis de lutter contre la pauvreté mais transformant en profondeur la structure familiale chinoise.
Cette estimation inclut le coût de la subvention nationale pour les enfants, introduite pour la première fois l’an dernier, ainsi que les paiements d’assurance prévus. Le gouvernement a promis qu’en 2026, les femmes n’auraient « aucune dépense à leur charge » pendant leur grossesse, tous les frais médicaux, y compris la fécondation in vitro (FIV), étant entièrement remboursés par le fonds national d’assurance maladie.
La population chinoise diminue depuis 2022 et vieillit rapidement, ce qui complique les plans de Pékin pour stimuler la consommation intérieure et maîtriser la dette, alors que des centaines de millions de personnes s’apprêtent à quitter la population active, dans un contexte où les budgets des retraites sont déjà sous tension.
Les démographes et économistes estiment qu’un nombre réduit d’enfants aujourd’hui pourrait se traduire par une diminution du nombre des foyers et une croissance plus lente de la consommation à long terme. En dépit de l’augmentation des dépenses, les démographes estiment que ces nouvelles mesures n’entraîneront pas un rebond significatif des naissances.
Des politiques peu efficaces
Ces initiatives « pourraient avoir un certain effet, mais leur impact restera probablement limité. La faible fécondité est un défi répandu en Asie de l’Est », a indiqué Xiujian Peng, chercheuse principale au Centre d’études de politique de l’Université Victoria en Australie.
La Chine affiche l’un des taux de fécondité les plus bas au monde, avec environ 1 naissance par femme, bien en dessous du seuil de renouvellement de 2,1, or ce taux devrait encore baisser, selon les démographes. Taïwan enregistre un taux similaire, autour de 1,1 naissance par femme.
Le nombre de femmes chinoises en âge de procréer, défini par l’ONU comme celles âgées de 15 à 49 ans, devrait chuter de plus des deux tiers pour passer sous la barre des 100 millions d’ici la fin du siècle, selon les projections des Nations unies.
Xiujian Peng a expliqué que les subventions chinoises pour soutenir la natalité sont globalement comparables à celles du Japon, mais inférieures à celles de la Corée du Sud, qui a dépensé environ 64,8 milliards de dollars en 2025 pour faire face à son faible taux de fécondité. Ni la Corée du Sud ni le Japon n’ont vu leur taux de natalité augmenter de manière significative malgré ces politiques incitatives.
Mettre en avant le mariage et les naissances
Les démographes ont estimé que la Chine doit s’attaquer au coût élevé de l’éducation, aider les jeunes à trouver un emploi stable et lutter contre les profondes contraintes liées au genre. Le 15ème plan quinquennal de la Chine promet d’affiner les politiques natalistes, notamment en promouvant « une vision positive du mariage et de la naissance » et en réduisant le coût de l’accouchement, de l’éducation et de l’éducation des enfants grâce à des subventions et des crédits d’impôt sur le revenu.
Une allocation nationale pour la garde d’enfants, introduite en 2025, verse 3 600 yuans (500 dollars) par an et par enfant de moins de trois ans, et est exonérés d’impôt. Il s’agit du premier avantage national destiné aux familles avec de jeunes enfants. Avec environ 30 millions d’enfants de moins de trois ans, les subventions annuelles de la Chine pourraient atteindre près de 108 milliards de yuans en 2026.
Selon les médias chinois, plus de 24 millions de demandes ont été déposées jusqu’à présent. Le groupe de recherche Trivium China a estimé que le remboursement des frais encourus par les femmes pendant la grossesse et l’accouchement ajoutera 70 milliards de yuans au fonds d’assurance maladie du gouvernement en 2026, soit environ 2% des dépenses totales prévues du fonds.
Les chercheurs ont estimé que cette politique réduira de manière significative le coût de l’accouchement, allégera modestement la pression financière sur les jeunes familles et pourrait libérer des liquidités pour d’autres dépenses. Mais pour une majorité de chinois, avoir un seul enfant, voire aucun, est devenu la norme sociale, a expliqué Yi Fuxian, démographe à l’Université du Wisconsin-Madison, citant la politique de l’enfant unique appliquée de 1980 à 2015.
Les contraceptifs sont exonérés
Pendant des décennies, les contraceptifs étaient exonérés de taxes, car le gouvernement les considérait comme un outil essentiel de sa politique de contrôle des naissances. Cette exonération a pris fin le 1er janvier 2026, avec l’instauration d’une taxe sur la valeur ajoutée de 13% sur les préservatifs, les contraceptifs et autres moyens de contraception.
Les démographes ont estimé que cette mesure, qui fait des contraceptifs un produit de consommation courante, est une priorité du gouvernement et est désormais d’encourager les naissances plutôt que de les limiter.
Durex, marque de préservatifs appartenant à Reckitt et très populaire en Chine, a refusé de commenter l’impact de cette mesure. De nombreux utilisateurs du réseau social RedNote ont tourné en dérision la mesure, affirmant qu’elle ne les dissuaderait pas d’acheter des préservatifs à l’avenir.