Dans un article, intitulé « Les indicateurs de l’économie circulaire en Chine », Vincent Aurez* et Laurent Georgeault** ont expliqué comment « la Chine a développé une politique intégrée d’économie circulaire ayant pour objectif d’assurer la transition vers un modèle sobre en ressources et bas carbone ».

L’article publié par l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), explique que cette politique économique « prend appui sur des outils d’évaluation qui, bien qu’encore insuffisants, se distinguent par leur caractère systémique et multidimensionnel. Ces instruments sont à bien des égards uniques et constituent un apport original au champ des indicateurs de soutenabilité ».

Pour cela, le gouvernement a fixé 4 axes prioritaires :

1/élaboration et l’optimisation de la réglementation et de la législation, du système de soutien politique et économique et des canaux d’innovation institutionnelle et technologique ;

2/amélioration du rendement de l’utilisation de ressources, la réduction du volume final de déchets à traiter, la mise aux normes et la création d’entreprises se basant sur les principes de l’économie circulaire ;

3/promotion de la consommation « verte », l’amélioration du système de la collecte, de la réutilisation et de la valorisation de ressources renouvelables ;

4/création de parcs industriels (ou agro-industriels) et de villes économes en ressources et respectueuses de l’environnement.

D’ailleurs, Beijing est un bon élève, en dépit des nombreuses défis à relever, car « l’usine du monde qu’est devenue la Chine a pourtant tout à gagner à considérer par le haut cette hiérarchie » de traitement des déchets.

« En se focalisant sur l’éco-conception des produits et services qu’elle exporte dans le monde, elle peut limiter son exposition aux variations de prix des matières premières mais surtout se préparer à affronter les mécanismes de nature protectionniste liés aux normes spécifiques qui ne manqueront pas d’être mises en place par rapport à l’économie circulaire« , assurent les auteurs.

Ces derniers saluent « l’ampleur des efforts académiques déployés en Chine sur cette thématique. De nombreux échecs jalonnent le parcours chinois en matière d’économie circulaire, tout comme les nôtres, des villes-témoins dépourvues d’habitant en sont les éléments les plus emblématiques. Mais nous pensons qu’il faut tenir compte des ordres de grandeurs du pays avant d’en juger les résultats : en France, nous allons réaliser un hameau de maisons-témoins, en Chine, ce sera une ville entière. Les ordres de grandeur d’un pays de 1 milliard 400 millions d’habitants sont nécessairement hors de toute échelle par rapport à un pays de 66 millions d’habitants ».

Vincent Aurez et Laurent Georgeault retiendront « concernant spécifiquement les indicateurs chinois dédiés à l’économie circulaire, qu’ils s’inscrivent dans les travaux internationaux et suivent leurs évolutions tout en rencontrant les mêmes problèmes de représentativité. »

Aurez Vincent, Georgeault Laurent, « Les indicateurs de l’économie circulaire en chine », Revue de l’OFCE 1/2016 (N° 145) , p. 127-160

*Vincent Aurez : Institut de l’économie circulaire et EY Sustainable Performance & Transformation

**Laurent Georgeault : Institut de l’économie circulaire et Université Paris I Panthéon-Sorbonne (CRIA)