Le ministre chinois des affaires étrangères Wang Yi a appelé le 5 avril la communauté internationale à faire front pour s’opposer aux Etats-Unis. Son gouvernement a également porté plainte auprès de l’Organisation Mondiale du Commerce.

«La communauté internationale doit s’opposer dans son ensemble à de telles actions unilatérales et violations des règles, défendre dans son ensemble la croissance de l’économie mondiale et aider ceux qui pensent que tout leur est permis à retrouver le bon sens», a déclaré Wang Yi lors d’une conférence de presse à Moscou, en présence de son homologue russe Sergueï Lavrov..

Pour ce dernier, «si les Etats-Unis pensent qu’ils peuvent tirer profit du protectionnisme, ils se trompent». Les Etats-Unis et la Chine ont entamé une guerre commerciale déclenchée par la décision de l’administration Trump d’imposer des taxes sur les produits importés de Chine. En réponse, la Chine a publié sa liste visant des produits plus stratégiques dont le soja, l’automobile et l’aéronautique, qui pèsent lourd dans la balance.

De plus, la Chine a déposé une plainte auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) concernant les mesures tarifaires visant des produits chinois, qui vont être mise en place par les Etats-Unis, selon l’OMC.

La Chine souhaite contester «les mesures tarifaires que les États-Unis proposent d’imposer sur certains produits originaires de Chine dans divers secteurs tels que ceux des machines, de l’électronique, etc.», a souligné la délégation chinoise dans sa communication à l’Organe de règlement des différends de l’OMC.

Cette liste représentant «approximativement 50 milliards de dollars» cible des produits de différents secteurs dont l’aéronautique, les technologies de l’information et de la communication ou encore la robotique et les machines, a expliqué le représentant américain au Commerce (USTR) Robert Lightizer.

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La liste provisoire identifie près de 1 300 biens mais reste soumise à un processus d’examen d’au moins 30 jours avant publication d’une liste définitive. En réponse à cette annonce, Beijing avait dénoncé «un comportement totalement infondé, typiquement unilatéraliste et protectionniste».

La Chine a donc demandé «l’ouverture de consultations avec le gouvernement des Etats-Unis», ce qui correspond à la première étape d’un contentieux devant l’Organe de règlements des différends (ORD) de l’OMC. Si la requête n’aboutie pas, le litige est réglé par décision du groupe spécial d’experts mandaté par l’Organe des règlements des différends. Cette décision peut être susceptible d’appel.

Dans sa communication à l’ORD, la délégation chinoise estime que les mesures souhaitées par les Etats-Unis «sont incompatibles avec les dispositions pertinentes des accords visés de l’OMC».

Le projet américain consiste à «imposer un droit ad valorem additionnel de 25%» sur les biens chinois visés, a noté la délégation chinoise, ajoutant «les droits proposés s’appliqueraient seulement aux produits chinois et seraient supérieurs aux taux consolidés des États-Unis prévus dans leur Liste de concessions et d’engagements annexée au GATT de 1994» (Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce de 1994 qui a donné naissance à l’OMC).