De Jérôme Kaboré, par notre partenaire TingaNews – A la faveur de la visite du Vice-Premier ministre chinois, HU Chunhua, au Burkina Faso en juillet 2018, le Premier ministre burkinabè d’alors avait demandé au gouvernement chinois d’aider notre pays à augmenter le rendement de mil par l’introduction de nouvelles techniques agricoles.

C’est à cet effet que sont arrivés au Burkina 16 experts agricoles chinois dans le cadre de la mise en place du Projet d’Assistance Technique pour la Démonstration de Culture de Mil au Burkina Faso, couramment appelé le Projet Mil de concert avec les techniciens agricoles burkinabé. Ils mènent leurs activités dans les domaines de la sélection de semence, la culture, la protection des plantes, l’hydraulique, les relations publiques, les équipements agricoles, etc.

Ce Projet Mil dont le Chef est Xu Guoxin, fait suite à un accord formellement signé entre la Chine et le Burkina Faso et bénéficie du soutien de l’Agence chinoise de coopération internationale pour le développement, du Ministère chinois du Commerce et de l‘Ambassade de Chine au Burkina Faso. La première phase du Projet couvre une période de trois ans allant du 15 avril 2019 au 14 avril 2022.

Le vendredi 18 février 2022, l’équipe du projet mil, dirigée par Xu Guoxin,a dressé un bilan très satisfaisant de son action auprès des agriculteurs burkinabé.

On retient de ce bilan une véritable contribution à l’autosuffisance alimentaire dans notre pays. Avec l’accompagnement de l‘Ambassade de Chine au Burkina Faso et du Ministère burkinabé en charge de l’Agriculture, l’équipe du Projet Mil a réussi à démontrer en trois ans que l’augmentation du rendement du mil est bien possible par des techniques agricoles variées et l’introduction de variétés diverses.

Et pour preuve, le rendement moyen de mil perlé SUPERSOSAT a atteint 2,98 tonnes à l’hectare et le rendement le plus élevé du mil chinois expérimenté a atteint 4,82 tonnes à l’hectare contre 600 à 800 kilogrammes à l’hectare jusque là connus de nos producteurs.

La démonstration menée par les experts chinois avec les agriculteurs burkinabé se passe sur 10 sites avec une superficie de plus de 500 hectares à travers le pays. Sur l’ensemble des 10 sites le rendement moyen est de 2,1 tonnes à l’hectare, soit plus de trois fois le rendement moyen du mil burkinabè. Il reste entendu que sur certains sites comme celui de Séguéré , dans les Hauts Bassins, le rendement moyen a atteint 3,1 tonnes à l’hectare.

Durant ces trois ans de mise en œuvre du Projet Mil, les agriculteurs burkinabé ont beaucoup bénéficié de la partie chinoise. L’équipe chinoise leur a fourni plus de 5 000 tonnes de semences de base, des matériels de production tels que les machines agricoles et mis gratuitement à leur disposition des engrais, des pesticides entre autres.

L’équipe a fait la multiplication et la sélection des semences de variétés améliorées dans plus de 2 000 hectares au cours de l’année 2021, ce qui augmentera la production de céréales alimentaires d’environ 400 000 tonnes et fera bénéficier plusieurs centaines des producteurs.

L’équipe du Projet Mil s’est aussi mise dans la dynamique de l’adage chinois selon lequel «mieux vaut lui apprendre à pêcher plutôt que de lui donner du poisson». A cet effet, elle a organisé 85 séances de formations en salle comme sur le terrain à l’intention des agriculteurs burkinabé en technologies agricoles pour partager les réalisations de la Chine en matière de technologie de gestion de la culture et de recherche sur la sélection de mil.

La fréquence des participants atteint plus de 16 000 personnes par jour ce qui améliore grandement la capacité de culture des participants et jette une base d’une vulgarisation globale de la technologie avancée de culture de mil au Burkina Faso.

Sous le leadership du Projet Mil, un centre de recherche sino-burkinabé du mil, construit avec l’aide de la Chine, a été inauguré officiellement en septembre 2020 en présence de l’ancien ministre burkinabé en charge de l’agriculture et de SEM Li Jian, ambassadeur de la République populaire de Chine au Burkina Faso.

A ce jour, la contribution de la Chine, à travers le Projet Mil, dans l’amélioration des conditions hydrauliques et la technique de culture est énorme. Elle a surtout contribué à l’augmentation de la production du mil et des revenus des agriculteurs locaux, qui sont progressivement sortis de la pauvreté.