La victoire sur la nature célébrée par certains philosophes en l’occurrence Hegel, d’un homme « affranchi » des terreurs profondes d’une nature insoumise, qui dans ses agissements les plus  imprévisibles est capable de semer le doute sur la survie de l’espèce humaine. Le philosophe allemand dans la section  «Nature et Histoire» (1), ne tarde pas à insinuer l’idée d’un changement de rôle, entre l’homme et la nature, même si celui-ci gardera une certaine soumission vis à vis de de la dame nature.

En tout cas, il était  désormais évident, qu’au lendemain des siècles médiévaux, que l’homme n’était plus ce citoyen d’un monde où la nature était capable de faire la pluie et le beau temps sur son destin. Cet être affranchi pouvait dicter à son ancienne maîtresse ; la nature.  Folie humaine sinon que simples  élucubrations mal avisées d’une nature humaine peu réaliste. Il était tôt de sonner le glas d’une nature aux  puissances rebelles.

Il est sans se tromper de soutenir que  l’opposition entre l’esprit et la nature ressemble à cette autre,  que conseillait le vieil homme ; ce dieu déguisé en gueux à Thésé, en lui disant: « Le combat  entre le mal et le bien est une lutte infinie. » Il faut dire que l’homme malgré tout son arsenal technique et technologique ne saura guère s’immuniser parfaitement et totalement de tous les verdicts d’une nature aux forces méconnues et aux actions  quasiment imprévisibles. En marquant fin à cette digression  empruntant le langage d’un philosophe Socrate, tendons nos sens à l’actualité. Le Coronavirus, une lointaine arme secrète de la dame nature, jamais employée autrefois pour mettre notre humanité à  rude épreuve.

Il faut dire que 2020, s’annonce avec grande amertume pour le monde et en particulier pour la Chine. L’empire du milieu est mis à rude épreuve avec un virus hyper contagieux tel le rhum (quoique mortel par contre banalisé et presque ignoré comme maladie sinon qu’un simple malaise), un infâme virus imitant la forme  d’une couronne, chamboulant un pays au moment où les  uns les autres se réunissent au moins une fois par an, pour s’égayer ; manger et trinquer. Le labeur étant Chinois, on ne peut ne pas comprendre combien de fois, représentent les fêtes du nouvel an Chinois, pour un peuple d’environ un milliard et demi de population.

Les jours se comptent désormais en Chine,  pendant que le nombre de morts ne cesse d’augmenter, les dernières statistiques font état de plus de mille morts ; bilan partagé par les médias d’Etat et ailleurs dans le monde. Wuhan, la belle ville industrielle, située au centre du pays, serait à ce jour la ville la plus connue au monde, plus que  Washington Dc ou que Paris, plus que tort que d’être d’un succès d’être l’épicentre de l’épidémie. La ville et sa province sont bloquées de tout accès afin de contenir le mal.

C’est-à-dire, 56 millions d’habitants confinés dans une totale coopération sans conséquente bavure. Une façon  de faire impossible dans la plupart des pays en occident sinon qu’en Afrique, où l’individu se trouve une belle excuse pour son indiscipline au nom des valeurs dites démocratiques pour ne dire liberticides. L’autre déduction de ces opérations de confinement de grande envergure,  est sans doute la capacité d’un État à se montrer responsable devant un défi aussi grand, même s’il faut confiner toute une province ; on ne sera jamais au bout de nos surprises dans ce pays aux immenses moyens.

En effet, en tant qu’Africain, ayant servi sa coupe dans la nouvelle science : Chinafrique, l’urgence sanitaire due au coronavirus tel qu’il sévit à ce jour, ne peut, encore moins ne doit se passer sans insuffler quelques analyses capables de laisser une trace dans la compréhension des Relations entre les peuples Africains et Chinois. Ces relations forgées par les valeurs de solidarité et de respect mutuel, ont devoir de se réaffirmer.  Pendant que la Chine lutte pour envoyer dans le musée de l’histoire le Coronavirus, les langues fusent partout en Afrique et ailleurs dans le monde.

Les spéculations s’investissent en maitresses avec leurs corollaires de bas sentiments, ne méritant pas d’être nommés dans ces lignes qui se veulent plus nobles. Un tour sur l’internet pour comprendre  la position africaine face au coronavirus, le lecteur à l’impression de lire une Afrique qui se protège contre un partenaire séculier, une Chine amie qui n’a point manqué d’être au chevet d’une Afrique perpétuellement malade,  sans se lasser une fois. L’Afrique a-t-elle abandonné la Chine en cette période de l’épidémie Coronavirus ?  Celle-ci, est l’absolue interrogation que devraient se poser tous les acteurs des Relations Sino-africaines.

Incontestablement, les dirigeants africains se trouvent préoccupés face à l’urgence sanitaire de Coronavirus,  comme si celle-ci relevait des affaires internes de leurs pays. Nombreux sont aujourd’hui parmi eux,  qui ont exprimé leur solidarité auprès du gouvernement Chinois et présenté leurs condoléances aux différentes familles endeuillées. Certains pays n’hésitent pas à exprimer la volonté d’aider techniquement la Chine. Le président Guinéen ; le Prof Alpha Condé, il faut dire qu’un admirateur de la Chine meurt en Afrique, un autre renait.

Après Robert Mugabe, c’est évident que cet ancien universitaire de la France, à désormais le cœur plus porté en Orient qu’en Occident. Celui-ci ne tarde à ’évoquer la disponibilité de son pays à envoyer d’experts guinéens assagis par l’expérience Ebola, pour aider leurs homologues Chinois. « Nous vous réitérons notre volonté de vous envoyer certains de nos experts pour assister leurs collègues chinois » (2), déclare-t-il le Président Guinéen.

L’autre acte, vient également de la petite Guinée Equatoriale (Quoiqu’il n’existe pas un petit Etat) avec une population d’a peine un million et demi, qui a déclaré à travers le site de son gouvernement, d’avoir fait un don de 1,8 million d’euro à la Chine, en guise de partager les efforts du pays dans sa lutte contre le Coronavirus. Quoique la Guinée Equatoriale soit un pays au revenu par habitant élevé, par contre plus de la majorité de sa population reste frappée de plein fouet par la pauvreté.  Donc, c’est littéralement un pays pauvre qui aide une grande Chine. Chose qui n’est pas une première dans l’histoire des Relations sino-africaines, on se souvient de ce similaire acte d’un Congo Brazzaville en 2008 (3), au lendemain du séisme dans la ville de Wen chuan. Le pays avait offert une somme de 2 millions (4)  de dollars à la République Populaire de Chine.

En même temps, il est impossible de ne pas prendre en compte le rire du vulgaire, incapable de comprendre le sens de l’assistance ; de la solidarité, ou simplement, de comprendre l’instinctive action d’éteindre le feu à la case voisine. Plusieurs internautes s’offusquent sinon que se moquent de saisir le sens que peut avoir l’aide africaine notamment, en valeur monétaire sinon en terme technique auprès d’une grande Chine. Il faut dire que l’inculture est devenue la chose la plus répandue sur les réseaux sociaux.

Car la Chine a aidé l’Afrique, en dons de vivres à certains pays pendant qu’elle traversait elle-même, une des plus effroyables disettes de son temps entre 1957 et 1960. Il faudrait alors se donner la peine de rafraichir les mémoires sur la façon dont qualifiait l’aide Chinoise à l’Afrique en cette période : « Le Pauvre au secours du pauvre. » (5) Donner ne saurait justifier une richesse matérielle mais celle du cœur. Il faut dire que les riches sont peu partageurs, sinon nul ne s’indignerait d’apprendre que 1% des citoyens du monde possèdent plus de la moitié des richesses mondiales.

En guise d’offrir une troisième libation à Zeus Seigneur, il faut se mettre à l’aise d’affirmer que l’Afrique peut bel et bien se tenir au chevet de la Chine en cette douloureuse période afin de bouter l’infâme virus ; Coronavirus, au cercle de l’humanité. Les peuples africains à travers leurs dirigeants ne cessent de partager peines et douleurs éprouvées à environ dix mille kilomètres de leurs frontières. Et aucun africain n’a besoin d’être Confucius pour entonner ces slogans : Wuhan Jia You ! Zhongguo Jia You !

Par Keita Muxa, Étudiant en Maîtrise à L’institut des Etudes Africaines à l’Université Normal de Zhejiang Normal Université. Auteurs de plusieurs Tribunes et Articles.

SOURCES :

  1. Olivier Mbabia, La Chine en Afrique- Histoire,Géopolitique,Géoéconomie. Éditions Ellipes 2012. Page 23.
  2. Le Point Afrique : Nouveau Coronavirus : L’Afrique sur le pied de guerre. Crédit : https://www.lepoint.fr/afrique/nouveau-coranavirus-l-afrique-sur-le-pied-de-guerre-01-02-2020-2360811_3826.php
  3. La coopération sino-africaine et le processus d’intégration en en Afrique subsaharienne cas cas de la RDC, du Nigeria et du Congo Brazzavillee ( Télécharger le fichier original ) par Willy MUKADI SALUEUniversité Officielle de Mbujimayi  – Graduat  2013.
  4. Xi Jinping , La Gouvernance de la Chine, «Restons amis fiables et partenaires sincères  pour toujours». Édition en Langues Internationales 1ère Édition 2014, page 363.
  5. Hegel, La Raison dans l’Histoire, Introduction à la Philosophie de l’Histoire, Editions 1018 Pages 05-10.