90 employés de Google a publiquement exigé que le géant d’internet, Google, abandonne la création d’un projet de moteur de recherche en Chine qui respecterait les règles de censure imposées par Beijing à ses internautes.

Intitulé « Dragonfly », le PDG de Google, Sundar Pichai, a reconnu l’existence en octobre de ce projet, justifiant qu’il valait mieux offrir un moteur de recherche performant mais avec des restrictions que de laisser les Chinois avec des outils moins bons.

« Notre opposition à Dragonfly n’a rien à voir avec la Chine : nous sommes opposés aux technologies qui aident les puissants à opprimer les plus vulnérables, où que ce soit », ont écrit 90 employés de la compagnie, appelant leurs collègues à se joindre à eux.

« Dragonfly en Chine établirait un dangereux précédent à un moment d’incertitude politique, un précédent qui empêcherait Google de refuser des concessions similaires à d’autres pays », poursuit la lettre.

En août, 14 associations, dont Amnesty International, Reporters sans frontières (RSF), Human Rights Watch et l’Electronic Frontier Foundation (EFF), ont adressé une lettre ouverte à Sundar Pichai pour lui demander de renoncer à ce projet.

Elles avaient assuré que « Google risque de devenir complice du gouvernement chinois dans la répression de la liberté d’expression ». Tom Mackey, du bureau Asie de l’Est d’Amnesty International, avait assuré qu’en « s’accommodant de la répression des dissidents par les autorités chinoises, Google participerait activement à ces violations [des droits de l’homme] envers des millions d’internautes en Chine. »

De son côté, Joe Westby, chercheur sur la technologie et les droits de l’homme pour Amnesty International, a indiqué qu’il s’agit d’un « moment charnière pour Google », car « en tant que premier moteur de recherche au monde, il devrait se battre pour un internet où l’information est librement accessible à tous plutôt que de soutenir la sombre alternative du gouvernement chinois ».

S’exprimant lors d’une conférence le mois dernier à San Francisco, Sundar Pichai avait affirmé que Google prendre « toujours en compte un ensemble de valeurs », ajoutant que « nous devons également suivre la loi qui s’applique dans chaque pays ».

Le marché chinois crucial pour Google

Google a fermé son moteur de recherche en Chine en 2010, après avoir refusé la demande du gouvernement chinois de censurer certains résultats de recherches. Twitter, Facebook, YouTube et le site du New York Times y sont bloqués, alors que le moteur de recherche de Microsoft, Bing, est opérationnel.