Le personnel pénitentiaire de Hong Kong a eu tort de couper les cheveux d’un dissident connu pour sa longue chevelure, a estimé la plus haute juridiction de Hong Kong qui a récemment rendu une autre décision défavorable aux autorités.

La décision de la Cour d’appel de Hong Kong, la plus haute juridiction de l’île, intervient au moment où des proches du pouvoir en place appellent à une réforme du système judiciaire. Pour l’opposition, si cette réforme est lancée, cela sonne le glas de l’indépendance judiciaire de Hong Kong, vis-à-vis de la Chine.

La décision rendue le 27 novembre est l’aboutissement d’une longue procédure judiciaire menée par Leung Kwok-hung, 64 ans, qui a purgé en 2014 une brève peine d’emprisonnement pour avoir manifesté.

Connu sous le nom de «Longhair» (cheveux longs), Leung Kwok-hung est l’un des dissidents les plus connus de Hong Kong. Après avoir commencé à militer contre la domination coloniale britannique, il est devenu un farouche opposant à la Chine.

Un ensemble de hauts magistrats a décidé à l’unanimité que les lois sur la discrimination sexuelle ont été violées quand les cheveux de Leung ont été coupés lors de sa détention.

Les autorités pénitentiaires de Hong Kong exigent que tous les détenus de sexe masculin aient les cheveux courts alors que les femmes sont autorisées à les avoir à la longueur de leur choix.

«Le fait que les prisonniers hommes se voient refuser le droit de décider de la longueur de leur chevelure laisse penser qu’ils sont moins bien traités que leurs homologues féminines», ont-ils écrit. Les hauts magistrats ont ajouté que les autorités n’ont pas expliqué en quoi des cheveux courts étaient nécessaires en matière de discipline carcérale.

Ce n’est pas la première fois que la plus haute juridiction de Hong Kong rend un avis défavorable aux autorités. Récemment, des dizaines de manifestants pro-démocratie ont été acquittés provoquant la colère de la Chine. De plus, un haut magistrat a rendu une décision accablante pour la police, en affirmant qu’elle avait eu tort de cacher les badges d’identification lors des manifestations pro-démocratie en 2019.

Raison pour laquelle, une partie de la sphère politique et des deux journaux hongkongais pro-Beijing, appellent à une réforme du système. Une réforme qui fait craindre aux opposants la fin de l’indépendance du système judiciaire, qui deviendrait un système jumelé à celui de la Chine.