L’ancien conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton, a accuse lé président américain d’avoir cherché l’aide de la Chine pour gagner sa réélection en novembre 2020, selon des extraits d’un livre à paraître.

Président américain Donald Trump

Alarmés mais aussi parfois moqueurs devant sa façon de gérer les relations internationales, plusieurs poids lourds du gouvernement Trump, dont son chef de la diplomatie Mike Pompeo ou John Bolton lui-même, ont envisagé de démissionner, d’après le Washington Post.

Figure de la politique américaine, l’ex-conseiller John Bolton, décrit des échanges entre Donald Trump et des dirigeants étrangers embarrassants, notamment dans le cadre de l’affaire ukrainienne, qui avait valu au président américain une procédure de destitution.

Les démocrates l’avaient alors accusé d’avoir demandé une faveur à Kiev pour son intérêt personnel, c’est-à-dire enquêter sur son rival pour la présidentielle du 3 novembre, Joe Biden.

Le livre de John Bolton révèle que « le président Trump (a) vendu les Américains pour protéger son avenir politique », a réagi ce dernier. « Si ces propos sont avérés, cela est non seulement répugnant moralement mais c’est aussi une violation du devoir sacré de Donald Trump envers les Américains », a accusé, dans un communiqué, l’ancien vice-président américain.

Les fuites dans la presse surviennent au lendemain de l’annonce d’une action en justice de l’administration Trump pour tenter de bloquer la parution de cet ouvrage (« The Room Where It Happened, A White House Memoir« ). L’administration américaine a insisté en engageant une nouvelle action en urgence avant la parution, prévue le 23 juin.

« Il a enfreint la loi », en diffusant des informations « très confidentielles », a estimé le président américain, Donald Trump, à la chaîne Fox News, en moquant le passé de son ancien conseiller volontiers va-t-en-guerre, et son soutien passé à la guerre américaine en Irak.

Dans l’un de ses passages, John Bolton raconte qu’en marge d’un sommet du G20 à Osaka, Donald Trump avait « détourné » la conversation avec le président chinois Xi Jinping « vers la prochaine élection présidentielle » en plaidant auprès de Xi « pour qu’il fasse en sorte qu’il l’emporte », selon les extraits publiés simultanément par le Wall Street Journal, le New York Times et le Washington Post.

Lors de cette rencontre en juin 2019, Donald Trump « a souligné l’importance des agriculteurs et de l’augmentation des achats chinois de soja et de blé sur le résultat de l’élection », a écrit John Bolton.

Donald Trump et Xi Jinping, au Sommet du G20 2019 à Osaka

« Les conversations de Donald Trump avec Xi Jinping reflètent non seulement les incohérences de sa politique commerciale mais aussi l’interconnexion dans l’esprit de Trump entre ses propres intérêts politiques et l’intérêt national américain », a souligné John Bolton, conseiller à la sécurité nationale d’avril 2018 à septembre 2019.

Cette conversation de Donald Trump et « d’innombrables autres » ont « confirmé un comportement fondamentalement inacceptable qui érode la légitimité même de la présidence », accuse-t-il.

« Pourquoi a-t-il à plusieurs reprises loué le gouvernement chinois et le président Xi alors même que le coronavirus se propageait? Parce qu’il voulait pouvoir parler d’un accord commercial avec la Chine pendant sa campagne de réélection », s’est indigné Joe Biden.

Alors que d’influents sénateurs républicains dénoncent constamment l’influence de la Chine, John Bolton écrit qu’au cours du sommet du G20 à Osaka en 2019: « uniquement en présence des interprètes, Xi Jinping avait expliqué à Donald Trump pourquoi, en gros, il construisait des camps de concentration dans le Xinjiang. Selon notre interprète, Donald Trump a dit que Xi Jinping devait continuer à construire ces camps, dont Donald Trump pensait que c’était exactement la bonne chose à faire ».