Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré après une visite en Chine qu’il fallait une solution à la situation des Ouïghours au Xinjiang, en «tenant compte des sensibilités» des deux parties.

«Je pense que l’on peut trouver une solution en tenant compte des sensibilités de chacun», a déclaré Recep Tayyip Erdogan dans une interview accordée à plusieurs journaux avant son retour en Turquie. Il a ajouté que la Turquie était prête «si nécessaire» à envoyer une délégation au Xinjiang.

Depuis une série d’attentats au Xinjiang, attribués à des membres de la minorité turcophone Ouïghours, Beijing impose des mesures de sécurité strictes. Le gouvernement chinois est d’ailleurs soupçonné d’avoir interné jusqu’à un million de personnes dans des camps de rééducation.

Beijing dément ce chiffre et parle de «centres de formation professionnelle» destinés à lutter contre la radicalisation islamiste. Jusqu’à présent, la Turquie est le seul pays musulman à avoir fermement dénoncé l’existence de ces structures, le ministère des Affaires étrangères qualifiant de «honte pour l’humanité» le traitement réservé aux Ouïghours.

Or lors de la rencontre entre les présidents chinois Xi Jinping et turc Recep Tayyip Erdogan, le 2 juillet, ce dernier a assuré que les gens vivaient «heureux» au Xinjiang. La déclaration devant Xi Jinping est un volte-face de la part de Recep Tayyip Erdogan, qui a déploré, selon l’interview publiée dans la presse turque, l’approche «émotionnelle» de certains, qui impacte sur les relations bilatérales entre Ankara et Beijing et en fait «payer le prix» à la Turquie et à ses citoyens