Les autorités turques ont réclamé la fermeture des camps d’internement dans la province du Xinjiang, qualifiant de « honte pour l’humanité » le traitement réservé aux Ouïghours, communauté musulmane et turcophone de l’ouest de la Chine.

« La politique d’assimilation systématique des Turcs Ouïghours menée par les autorités chinoises est une grande honte pour l’humanité », a déclaré le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, Hami Aksoy.

« Ce n’est plus un secret pour personne que plus d’un million de Turcs Ouïghours encourant des arrestations arbitraires sont soumis à la torture et à un lavage de cerveau politique dans des camps d’internement et des prisons« , a ajouté ce dernier.

De leur côté, plusieurs ONG, dont Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International, ont lancé un appel à la mise en oeuvre d’une commission d’enquête des Nations Unies sur les conditions de détention et d’« endoctrinement forcé » de centaines de milliers de Ouïghours et d’autres musulmans dans cette province de l’extrême-ouest de la Chine.

La Chine a assuré en janvier qu’elle accueillerait des responsables de l’ONU s’ils évitaient de « s’immiscer dans les affaires intérieures » du pays. Le gouvernement chinois a d’ailleurs affirmé protéger la religion et la culture des minorités ethniques et présente les mesures de sécurité au Xinjiang comme une réponse à une menace extrémiste armé.

Selon les défenseurs des droits de l’homme, un million de Ouïghours et de membres d’autres minorités musulmanes, comme les Kazakhs – soit près de 10% de la population totale du Xinjiang – sont internés dans ces camps, privés de tout droit juridique fondamental et soumis à de mauvais traitements.