La Chine a ajouté ce 25 juillet un laboratoire à sa station spatiale en orbite permanente alors qu’elle s’apprête à achever la structure dans les mois à venir.

Le module du laboratoire Wentian a été lancé le 24 juillet depuis la base spatiale de Wenchang, dans la province insulaire tropicale de Hainan. Après 13 heures de vol, il s’est amarré avec succès au module principal Tianhe de la station de Tiangong à 03h13 le 25 juillet, selon l’agence spatiale China Manned Space Agency (CMSA).

Il s’agit du deuxième des trois modules de sa station spatiale Tiangong, qui devrait être pleinement opérationnelle d’ici la fin de l’année 2022. Celui-ci est doté de trois espaces de couchage, de toilettes et d’une cuisine, l’engin baptisé « Wentian » servira de plateforme de secours pour contrôler la station en cas de défaillance.

Le module-laboratoire possède également des espaces pour des expériences scientifiques et comprend un sas qui deviendra le passage privilégié pour les sorties dans l’espace. Il est donc conçu pour des expériences scientifiques et biologiques, et pèse 23 tonnes. Il s’agit de l’engin le plus lourd que tout autre vaisseau spatial à module unique actuellement dans l’espace, a souligné le quotidien chinois Global Times.

Il sera suivi d’un deuxième module de laboratoire, le Mengtian, dont le lancement est prévu en octobre. Trois astronautes vivent actuellement dans le module central pour une mission de six mois et ont supervisé l’arrivée et l’amarrage du module Wentian.

Une fusée Long March 5B-Y3 a transporté le module lors du troisième lancement de ce type depuis que la station spatiale chinoise est entrée dans sa phase de construction. Il a été précédé par le vaisseau spatial cargo de classe Tianzhou et le vaisseau spatial avec équipage Shenzhou-14.

Depuis juin 2022, trois astronautes, dont une femme, sont arrivés dans la station spatiale, pour une mission d’environ six mois. Ils doivent accueillir en octobre le troisième et dernier module de la station, Mengtian.

La station aura alors sa forme finale en forme de T, et sera semblable en taille à la défunte station russo-soviétique Mir. Sa durée de vie devrait être d’au moins 10 ans. La finalisation de Tiangong permettra également à la Chine d’effectuer, pour la première fois, un relais d’équipage en orbite.

Ce relais devrait intervenir en décembre 2022, lorsque les astronautes de la mission Shenzhou-14, actuellement dans la station spatiale, laisseront leur place à ceux de Shenzhou-15.

La Chine investit depuis quelques décennies des milliards d’euros dans son programme spatial. Son programme spatial a largement été mené via le programme Tiangong sans l’aide d’autres nations. Les États-Unis ont exclu la Chine de la Station spatiale internationale en raison de ses liens militaires.

D’ailleurs, les scientifiques ont lancé leur premier astronaute en orbite en 2003, ce qui en fait le troisième pays à le faire seul après l’ancienne Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) et les États-Unis.

La Chine a posé début 2019 un engin sur la face cachée de la Lune, une première mondiale. En 2020, la Chine a rapporté des échantillons de Lune et finalisé Beidou, son système de navigation par satellite, concurrent du GPS américain. Un an plus tard, elle a fait atterrir un petit robot sur Mars et prévoit d’envoyer des hommes sur la Lune à l’horizon 2030.

Il est prévu qu’en 2023, la Chine lance un télescope spatial dont le champ de vision sera 350 fois supérieur à celui de Hubble, le mythique télescope spatial de la Nasa lancé en 1990 et toujours en fonctionnement.