La réunion de Bonn du 25 mai avait pour objectif de lancer la mise en œuvre des décisions prises à Durban, lors du sommet mondial sur le climat du 28 novembre au 9 décembre 2011 (prolongé au 11 décembre).

Au cours des négociations, des tensions sont apparues entre la Chine, premier pays émetteur de CO2 au monde, et les pays industrialisés. En effet, Su Wei, chef adjoint de la délégation chinoise et directeur du département du changement climatique de la Commission nationale pour le développement et la réforme de Chine, a assuré le 30 novembre 2011, que « les pays développés doivent avoir la volonté politique de prendre leurs responsabilités et de tenir leurs promesses en matière de financement ».

Ce dernier a également indiqué que « les pays développés sont responsables du changement climatique du point de vue historique. Ces pays ont le devoir de réduire d’une part leurs propres émissions de gaz à effet de serre, et d’autre part, apporter des aides financières et techniques pour l’amélioration du climat ».

Face au refus de la Chine d’instaurer un calendrier visant à instaurer un cadre contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre pour lutter contre le réchauffement climatique, les négociations se sont  concentrées sur des questions d’organisation.

D’autant plus que les dissensions ont été levées permettant l’adoption d’un ordre du jour et la désignation des personnes chargées de conduire le processus adopté en décembre, à Durban.

Les 194 pays membres des Nations Unies ont pour objectif d’être plus ambitieux dans leur réduction d’émission. Les promesses faites jusqu’ici ne permettent pas, selon les scientifiques, d’éviter la hausse du thermomètre mondial à +2°C, depuis l’époque pré-industrielle, qui reste la limite fixée par la communauté internationale. D’autant que les actions menées actuellement pour réduire les émissions de CO2 préparent la planète à un réchauffement d’au moins 3,5°C.

La Chine, de son côté, appelle les pays développés, notamment l’Union Européenne à réduire leurs émissions de gaz à effet serre, cause principale du réchauffement climatique.

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Hong Lei, a expliqué lors d’un point presse, le 25 mai à Pékin, que ces derniers devaient adopter des mesures concrètes pour réduire leurs émissions et coopérer avec les pays en développement en vue de promouvoir de nouveaux progrès dans les négociations sur le changement climatique.

La Chine craint que le processus de négociations ne permette pas aux pays développés de demander avant 2020 des engagements, aux pays émergents et pays en développement, contre les gaz à effet de serre.

La délégation chinoise a refusé, jeudi 24 mai,  d’endosser la responsabilité des blocages, pointant du doigt les États-Unis, l’Europe et les autres pays industrialisés de vouloir « échapper aux engagements juridiquement contraignants ».

Le lendemain à Beijing, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Hong Lei a indiqué que « la Chine n’a pas changé de position depuis la Conférence de Durban, en respectant des principes de l’égalité et en assumant des responsabilités communes mais différenciées ».

Critiqué par les représentants des pays développés, Serge Lepeltier, ambassadeur français pour le climat, a expliqué à l’AFP que « la Chine donne le sentiment de durcir ses positions par rapport à Durban », ce qui « nous surprend, d’autant que leur politique d’efficacité énergétique montre une réelle portée ».