La Chine a réfuté le 29 juillet les accusations de surcapacité, à la veille de la publication des résultats d’une enquête américaine sur le sujet, qui pourrait entraîner de nouveaux droits de douane.
L’importante capacité de production de nombreux secteurs industriels chinois, de l’automobile aux panneaux solaires, en passant par la cimenterie et la sidérurgie, a suscité une attention croissante de la part des partenaires commerciaux de Pékin ces dernières années, selon le média Kyodo News.
Bien que les dirigeants chinois aient fait du rééquilibrage de l’économie une priorité, le ralentissement de la demande intérieure a incité les entreprises à se développer sur les marchés étrangers. L’essor des exportations a porté l’excédent commercial de la Chine à un niveau record de près de 1 200 milliards de dollars l’an dernier.
« La Chine n’a jamais recherché un important excédent commercial », a déclaré le ministère du Commerce dans un rapport intitulé « Position de la Chine sur la question des prétendues surcapacités ». « Ce document a été publié pour clarifier les faits pertinents et exposer la position politique de la Chine en ce qui concerne le dossier de la soi-disant surcapacité », a indiqué le ministère chinois.
Selon le document, « le rapide développement des industries modernes de la Chine est porté par l’innovation. Le fonctionnement stable et sain des industries chinoises réside dans l’approfondissement continu des réformes ». Le rapport réfute également les récentes déclarations concernant un « choc chinois 2.0 » dû à ces surcapacités.
« Les États-Unis et d’autres pays occidentaux ont inventé ce prétendu ‘choc chinois 2.0’, accusant à tort le développement industriel de la Chine de menacer le monopole des pays occidentaux », ont indiqué les rapporteurs, faisant allusion aux affirmations selon lesquelles l’ascension de la Chine comme puissance manufacturière aurait provoqué un choc similaire chez ses partenaires commerciaux. « Ces affirmations sont dénuées de tout fondement et totalement intenables », a conclut le rapport.
Le rapport « Position de la Chine sur la question des prétendues surcapacités » fait écho aux propos tenus par le Premier ministre Li Qiang, lors du Forum économique mondial de Davos d’été, qui s’est tenu à Dalian, où il a déclaré qu’au lieu de parler d’un « choc chinois 2.0 », il convenait de considérer les tendances récentes comme une « opportunité chinoise 2.0 ».
De nouveaux droits douanes américains
Les États-Unis vont prochainement annoncer les conclusions d’une enquête menée auprès de 16 économies, dont la Chine, concernant les surcapacités et la surproduction dans leurs secteurs manufacturiers. Cette enquête devrait entraîner une hausse des droits de douane pour certains pays.
Washington a imposé des droits de douane plus élevés, de 10% à 12,5%, sur 60 économies, dont la Chine, leur reprochant de ne pas avoir appliqué efficacement l’interdiction des produits issus du travail forcé. De nombreux pays, dont la Chine, ont protesté contre cette mesure.
Lors d’une conférence de presse, le 28 juillet , Lin Weilong, directeur du bureau de recherche politique du ministère du Commerce, a déclaré que les États-Unis n’avaient pas le pouvoir de déterminer unilatéralement si leurs partenaires commerciaux disposaient de surcapacités et d’imposer des mesures restrictives.
« Le lancement récent par les Etats-Unis d’une enquête au titre de l’article 301 visant la surcapacité constitue un acte typique d’unilatéralisme qui perturbe gravement l’ordre économique international », a déclaré le 28 juillet un responsable du ministère chinois du Commerce.
« Les Etats-Unis ne peuvent pas définir arbitrairement comme ‘surcapacité’ une capacité de production qui dépasse simplement la demande intérieure, ni apposer cette étiquette à leur guise », a déclaré Lin Weilong, directeur du bureau de recherche politique du ministère du Commerce, lors d’une conférence de presse.
Ce dernier a indiqué que les américaines n’avaient pas « le pouvoir de déterminer unilatéralement si ses partenaires commerciaux présentaient une « surcapacité » par le biais d’une enquête au titre de l’article 301, ni d’imposer des mesures restrictives unilatérales sur la base d’une telle conclusion », selon l’agence de presse, Xinhua.
« La Chine exhorte les Etats-Unis à corriger leurs erreurs et à revenir sur la bonne voie, celle du règlement des différends par le dialogue et la consultation », a déclaré Lin Weilong. « La Chine suivra de près l’évolution de la situation et se réserve le droit de prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre fermement ses droits et intérêts légitimes », a-t-il ajouté.
Au début du mois de juillet, l’Union européenne, confrontée à des difficultés pour rééquilibrer ses échanges commerciaux avec la Chine, a mis en œuvre des mesures commerciales, notamment des protections pour son industrie sidérurgique et des restrictions sur les importations de petits colis issus du commerce électronique.
Selon Alfredo Montufar-Helu, expert de la Chine au sein du cabinet de conseil Ankura, la position de la Chine sur la question des surcapacités risque fort de rester lettre morte. « La conjoncture économique des marchés occidentaux rend politiquement intenable l’inaction face à la hausse des importations chinoises, notamment dans les secteurs à forte valeur ajoutée autrefois dominés par les entreprises occidentales », d’après ce dernier.