mardi, juillet 16

La Chine relance les relations avec l’Australie

Symbole de la relance des relations entre la Chine et l’Australie, le Premier ministre chinois Li Qiang s’est rendu le 16 juin dans une grande région viticole où les sanctions chinoises ont été levées, et a annoncé le prêt de deux nouveaux pandas géants.

La ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, et Li Qiang ont d’ailleurs partagé un déjeuner dans un établissement vinicole d’Adélaïde, datant du XIXème siècle, où se trouvait la première cave de la maison Penfolds, l’un des plus anciens vignobles d’Australie.

Li Qiang a aussi rencontré des viticulteurs de l’Etat d’Australie-Méridionale touchés par les sanctions chinoises imposées en 2021 avant d’être levées à partir de 2022.

En visite en Australie depuis le 15 juin, Li Qiang a aussi visité une mine de lithium à Perth en Australie-Occidentale, avant de s’entretenir le 17 juin avec son homologue australien Anthony Albanese sur plusieurs sujets de tension : les droits humains, l’influence de la Chine dans le Pacifique et le comportement jugé « dangereux » de l’armée chinoise dans la région.

« Le respect mutuel, la recherche d’un terrain d’entente tout en mettant de côté les différends et la coopération (…) constituent une étape importante pour le développement des relations entre la Chine et l’Australie », a affirmé Li Qiang dans un communiqué samedi.

Signe d’une « diplomatie du panda » de la part de Pékin, qui envoie à travers la planète ses pandas pour sceller l’amélioration de ses relations diplomatiques, Li Qiang a marqué la première étape de sa visite officielle en Australie au zoo d’Adélaïde, dans le sud du pays.

Pour la Chine, la diplomatie du panda est une forme de « puissance douce » ou « soft power », une stratégie d’influence dans les relations internationales. D’ailleurs, Pékin a passé des accords de prêts de ses pandas avec des zoos étrangers qui, en cas de naissance, doivent généralement renvoyer les bébés pandas quelques années plus tard pour qu’ils rejoignent le programme d’élevage de la Chine.

Alors que l’accord de prêt avec Canberra arrivait à échéance en 2024, les deux pandas géants confiés au zoo d’Adélaïde n’avaient toujours pas donné naissance à de petits ursidés. « Wang Wang et Fu Ni ont été absents de chez eux pendant 15 ans. Je suppose que leur maison leur a beaucoup manqué et ils rentreront donc en Chine avant la fin de l’année », a déclaré le Premier ministre chinois.

« Mais ce que je peux vous dire, c’est que nous fournirons dès que possible un nouveau couple de pandas tout aussi beaux, charmants et adorables », a assuré Li Qiang, ajoutant que Pékin allait soumettre à Canberra une liste de candidats.

La Chine et l’Australie avaient des relations extrêmement tendues, en particulier depuis une demande australienne d’enquête en 2020 sur l’origine de la pandémie de Covid-19, que Pékin estimait politique, et la décision de Canberra d’exclure l’équipementier Huawei de son réseau 5G.

Lire aussi : L’Australie veut une enquête internationale sur les origines des coronavirus

La Chine avait alors augmenté ses taxes sur nombre de produits australiens, en particulier le vin, le bœuf et l’orge. Depuis l’arrivée des travaillistes au pouvoir en Australie en 2022, la plupart des surtaxes ont été levées en parallème du réchauffement des relations entre la Chine et l’Australie.

Vers une levée des taxes ?

Le homard est aujourd’hui l’un des rares produits à être encore soumis à des sanctions commerciales, et l’industrie australienne espère que Li Qiang rouvrira le marché chinois à ses exportations.

L’Australie a connu « une longue période de gel, au cours de laquelle il n’était pas possible d’avoir la moindre discussion officielle avec la Chine », a indiqué à l’Agence France Presse, Melissa Conley Tyler, membre honoraire de l’Institut d’Asie de l’Université de Melbourne.

La visite de Li Qiang devrait donc envoyer un nouveau message, selon lequel « l’Australie est de nouveau considérée comme un pays ami plutôt que comme le pays hostile et inamical que nous étions pendant ces années de tension maximale », a-t-elle déclaré à l’AFP.

« C’est bon pour l’économie, pour l’emploi en Australie-Méridionale, pour le tourisme et c’est un symbole de bonne volonté, et nous vous en remercions », a indiqué la ministre australienne des Affaires étrangères.

La Chine est le premier partenaire commercial de l’Australie, comptant pour 30% de ses exportations. Les échanges bilatéraux atteignaient 327 milliards de dollars australiens (près de 202 milliards d’euros) en 2023.

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