La Chine a attaqué le 13 septembre un rapport publié par le bureau des droits de l’ONU (OHCHR) sur les abus présumés au Xinjiang et a lu une déclaration soutenue par une vingtaine d’autres pays critiquant le Haut Commissariat des Droits de l’Homme de l’ONU pour l’avoir publié et affirmant qu’il n’avait pas le droit de le faire.

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Le soutien reçu de la déclaration conjointe de Pékin au Conseil des droits de l’homme de l’ONU a été plus mince que ce que certains observateurs avaient prévu. Cette situation pourrait inciter certains pays occidentaux à accentuer les critiques contre la Chine.

Le rapport du 31 août, que la Chine avait demandé à l’ONU de ne pas publier publiquement, stipule que « de graves violations des droits de l’homme ont été commises » et affirme que la détention de Ouïghours et d’autres musulmans dans la région chinoise du Xinjiang peut constituer des crimes contre l’humanité. La Chine nie vigoureusement tout abus.

Les occidentaux réfléchissent à une éventuelle motion historique contre la Chine, y compris à un éventuel mécanisme d’enquête, lors d’une réunion en cours du Conseil de Genève en conséquence, selon des diplomates cités par l’agence de presse, Reuters.

Les États-Unis, le Canada et l’Union européenne ont été les premiers à saluer les conclusions du rapport sur le Xinjiang et exprimé leur inquiétude lors de la session de mardi du conseil où les pays discutent du rapport pour la première fois.

Chen Xu, ambassadeur de la Chine, a rejeté le rapport le qualifiant de « diffamation » erronée, affirmant qu’il était basé sur des mensonges. « Nous sommes profondément préoccupés par le fait que le HCDH, sans l’autorisation du Conseil des droits de l’homme et sans le consentement du pays concerné, a publié la soi-disant évaluation sur le Xinjiang, en Chine… », a-t-il déclaré dans une déclaration commune séparée.

Un fonctionnaire du Conseil des Nations Unies a déclaré à Reuters que jusqu’à présent, 21 pays avaient signé cette déclaration, dont l’Égypte et le Pakistan. Toutefois, Reuters atteste que seuls sept de ceux qui se sont rangés du côté de la Chine disposent actuellement d’une voix au Conseil. Or, le conseil compte 47 membres et les résolutions doivent être obtenu à la majorité pour être adoptées.

« Ils (les chinois, ndlr) ne seront pas contents de cela », a déclaré un diplomate. Les pays qui ont précédemment exprimé leur soutien à la Chine sur les questions de droits de l’homme et qui ne figurent pas sur la liste actuelle sont le Népal, le Nigeria, le Maroc et les Émirats arabes unis. Cependant, ces pays pourraient s’y joindre plus tard, car la liste reste ouverte.

« Le rapport de l’ONU a rendu difficile pour de nombreux pays, en particulier les pays musulmans, de rester silencieux… » a déclaré Raphael Viana David du Service international pour les droits de l’homme.

Le rapport sur le Xinjiang a fait l’objet d’une campagne intensive de la part de la Chine et des pays occidentaux, selon les diplomates.  « Tout le monde a été soumis à des pressions », a déclaré un diplomateà Reuters, qui a affirmé que son pays ne soutiendrait aucun des deux camps.