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La violence conjugale, un fléau peu considéré

Pour la première fois, la Chine envisage d’adopter une loi sur les violences conjugales, alors que près d’une femme sur deux serait victime de violence physique ou sexuelle de la part de son conjoint, selon l’ONU.

Le 8 septembre 2015, une femme a perdu son nez après une dispute avec son ex-mari. Cette dernière n’a pas pas prit l’appel de son ex-mari, qui irrité a fait irruption sur son lieu de travail et lui a arraché le nez avec ses dents et, au lieu de le cracher, il l’a même avalé.

De nombreux cas de violence conjugales sont relayés par les médias et réseaux sociaux, en juillet 2014, une femme battue dans la rue est secourue par ses voisins, qui assène de coup son mari. Une vidéo des coups portés par ce dernier et de la réaction des habitants circulent sur le net.

Le silence de la police

En avril 2015, Radio-Canada relate l’histoire de  Zhang Hongyan, 40 ans.  Propriétaire d’une entreprise de meubles avec son mari, elle découvre qu’il a une maîtresse. Elle le confronte et leur relation dégénère rapidement.

Il la roue de coups de poings et de coups de pieds et lui interdit de revenir à la maison. Les violences reprennent, quand une nuit, il s’introduit dans sa chambre et lui fracture la jambe à l’aide d’une barre de métal.

« J’ai demandé l’aide des policiers à plusieurs reprises, mais ils ont toujours jugé qu’il s’agissait de disputes conjugales et qu’ils n’avaient pas à intervenir. Ils m’ont aussi expliqué que leurs budgets ne leur permettaient pas d’enquêter ce type de dossier« , a expliqué Zhang Hongyan. Quelques semaines plus tard, elle apprent que son mari a réussi à obtenir le divorce à son insu et s’est enfui avec tout l’argent de la famille.

« Je ne pouvais pas y croire, dit Zhang. Mon mari a menti à la cour en affirmant que j’avais disparu. Le tribunal a prononcé le divorce sans même avoir de preuve. Ça m’a fait aussi mal que toutes les ecchymoses qui recouvraient mon corps« , a-t-elle déploré.

Stop violenceCette histoire n’est pas la première Ma Shuyun a appelé la police, après que son mari l’est battue, elle et sa fille. Mais c’est son frère, qui avait accouru pour la sauver, qui se fait arrêter. Les policiers « ont trouvé que mes blessures n’étaient pas assez graves, que c’était juste une dispute conjugale« , a raconté cette femme de 36 ans à l’AFP.

Le mari a demandé le divorce, la garde de leur fille et exige qu’elle lui verse une pension alimentaire mensuelle de 1.500 yuan (178 euros). Le tribunal a rejeté la plainte de Mme Ma contre son époux pour absence de preuve. Son frère est en prison depuis huit mois.

Cette situation est courante en Chine, où  « les autorités continuent de refuser d’intervenir dans ce qu’elles considèrent comme un problème privé« , a expliqué Hou Zhiming, militante des droits des femmes.

Une législation très faible

Des millions de femmes sont touchés chaque année en Chine mais personne n’ose parler ouvertement. Selon les militantes pour les droits des femmes, il s’agit du plus grand tabou du pays. « Les pourcentages qui circulent dans le pays varient« , a expliqué Julie Broussard, responsable pour la Chine du Fonds de développement des Nations unies pour la femme.

« Une enquête qui date de 2010 parle d’une femme sur quatre victime de violence conjugale, mais lorsque les Nations unies ont mené une étude indépendante, ce chiffre a grimpé à 40 % », a indiqué cette dernière.

D’après la Fédération des femmes chinoises, près de 40% d’entre elles, mariées ou ayant un partenaire, ont fait l’objet de violences physiques ou sexuelles et 25% de familles chinoises sont touchées par le phénomène.

En 1995, Beijing a accueilli la 4ème Conférence mondiale sur les femmes, à l’issue de laquelle un plan international pour promouvoir les droits des femmes a été lancé. Mais, le pays n’a promulgué aucune loi propre sur les violences faites aux femmes.

En 2001, une modification de la loi sur le mariage a formellement interdit la violence conjugale. Une avancée encore mimine, bien qu’il y a 20 ans, « le gouvernement était dans le déni total. Mais au fil des années, les défenseurs des droits ont travaillé pour que le sujet ne soit plus considéré comme une affaire privée et familiale mais bien comme un crime« , a expliqué Joan Kaufman,directrice du Columbia Global Centers pour l’Est asiatique.

Source :  netdna.webdesignerdepot

Source : netdna.webdesignerdepot

En novembre 2014, un projet de loi a été adopté fournissant une approche légale de la violence conjugale et de l’assistance aux victimes. Pour la première fois, la Chine dispose d’une loi contre les violences conjugales,  satisfaisant les militants des droits des femmes.

Hou Zhiming, directrice à Beijing de l’Érable, un Centre de conseil psychologique pour femmes, « des années durant, nous nous sommes souvent senties impuissantes à aider les victimes« . Pour cette dernière, « si la loi entre vraiment en vigueur -la publication du projet de loi implique qu’on va rentrer maintenant dans le processus d’adoption– nous en serons ravies« .

L’Erable est l’une des plus anciennes organisations de Chine contre les violences conjugales. « Enfin il y a du mouvement avec cette loi !« , a-t-elle estimé. Malgré cette avancée, les activistes déplorent que le projet exclue les couples non mariés et divorcés.
Selon le texte, les tribunaux auront 48 heures après le dépôt d’une plainte pour décider d’un éloignement.

Alors dans ce cas, la victime devra engager une procédure légale dans les 30 jours suivants pour que sa plainte aboutisse. De son côté, la police, très souvent inactive, devra donner suite aux plaintes et les écoles, les hôpitaux et autres institutions devront prévenir les autorités en cas de violences avérées, sous peine de « graves conséquences ».

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