Le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la hausse ses prévisions de croissance pour la Chine en 2021, soulignant que la Chine avait « déjà retrouvé son niveau pré-pandémique » contrairement à beaucoup d’autres.

Locaux du FMI

Premier pays touché par le coronavirus qui avait paralysé son économie et plombé l’activité début 2020, la Chine avait finalement enregistré une croissance positive en 2020, soit +2,3%.

Ce chiffre était cependant le plus bas depuis 1976 pour la deuxième économie mondiale. Au cours de l’année 2021, la Chine devrait voir son produit intérieur brut (PIB) progresser de 8,4%, selon les prévisions économiques mondiales du Fonds monétaire international.

Il s’agirait alors de son rythme le plus rapide depuis 2011. Les précédentes prévisions en janvier tablaient sur une croissance de 8,1%. La Chine a « déjà retrouvé un niveau de croissance pré-pandémique tandis que de nombreux autres ne devraient pas y parvenir avant 2023 », a indiqué le FMI.

Pour 2022, le FMI mise sur une croissance de la Chine de 5,6%, un niveau inchangé par rapport aux précédentes prévisions.

La « forte reprise » de l’activité en Chine a été possible grâce à des « mesures efficaces d’endiguement (du virus), une réponse énergique en matière d’investissement public et le soutien de la banque centrale », a souligné le FMI.

Pour soutenir une économie en souffrance en 2020, la Chine avait creusé son déficit à 3,6% du PIB. « En 2021, la politique monétaire devrait rester favorable et se resserrer progressivement pour être neutre en 2022 », a estimé le Fonds monétaire international.

La Chine a depuis le printemps 2020 largement endigué l’épidémie de Covid-19 sur son sol, grâce à de stricts contrôles des déplacements, au port du masque généralisé, aux mesures de confinement et aux applications de traçage pour téléphone portable.

Désormais remis du choc épidémique, la Chine a annoncé en mars un objectif de croissance d’au moins 6% cette année, un chiffre bien plus modeste que les prévisions du FMI. Cependant, le fonds a précisé que les tensions géopolitiques entre la Chine et les Etats-Unis pourraient peser sur la reprise.

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Elles « restent élevées sur de nombreux fronts notamment le commerce international, la propriété intellectuelle et la cybersécurité », prévient le Fonds monétaire international. De plus, le FMI a exhorté la Chine à réduire le risque de la dette de ses entreprises rendue pire par de lourds prêts engagés durant la pandémie.

Le Fonds a exhorté la Chine à examiner davantage les niveaux de la dette des entreprise trop élevés et résultant de la politique monétaire facilité mise en place lors de la pandémie de coronavirus, selon le South China Morning Post.

«La Chine, bien sûr, a ré-émergé de la crise plus rapidement que tout autre pays. Les mesures prises étaient très rapides et très efficaces», a déclaré Tobias Adrian, conseiller financier au FMI. «Mais les mesures déployées ont entraîné une augmentation supplémentaire de l’effet de levier et des vulnérabilités», a indiqué ce dernier.

Selon un rapport du FMI sur la stabilité financière mondiale, les vulnérabilités en Chine ont été particulièrement « conduites par les emprunteurs d’entreprise plus risqués ».

Le ratio dette du PIB de la nation a atteint 266,4% à la fin du troisième trimestre en 2020, de 245,4% par an auparavant, selon l’Académie chinoise des sciences sociales (CASS), un groupe de réflexion affiliée du Conseil d’État. Il s’attend à ce que le ratio frappe 275% pour l’ensemble de l’année 2020.