La croissance de la Chine a dépassé les attentes au premier trimestre 2026 en atteignant +5%, selon des chiffres officiels communiqués le 16 avril.
Malgré les répercussions du conflit au Moyen-Orient sur l’économie mondiale, ce taux est publié au moment où les prix internationaux de l’énergie s’envolent en réaction à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran.
Le conflit freine le trafic maritime dans le détroit stratégique d’Ormuz, où transitent 1/5ème du pétrole et du gaz naturel mondiaux. Ce conflit perturbe les échanges de marchandises entre le Moyen-Orient et la Chine.
Le produit intérieur brut (PIB) de la Chine, deuxième économie mondiale, a progressé de 5,0% sur un an sur la période janvier-mars, a indiqué le Bureau national des statistiques (BNS). Ce chiffre est supérieur à la prévision médiane d’économistes, qui était de 4,8%.
L’économie chinoise «a connu un début d’année solide, démontrant une fois de plus sa résilience et sa vitalité», a salué le Bureau d’Etat des Statistiques dans un communiqué. Le Fonds monétaire international (FMI) a revu à la baisse ses prévisions de croissance mondiale pour 2026, avertissant que l’économie mondiale devrait subir le contrecoup de la guerre au Moyen-Orient.
La Chine parvient à faire face au choc énergétique mieux que d’autres pays asiatiques grâce à ses importantes réserves stratégiques de pétrole, à la diversification de ses approvisionnements et à son recours au charbon, selon certains analystes. Mais elle pourrait voire son activité réduite en raison du ralentissement économique mondial si la crise au Moyen-Orient perdure.
Des problèmes persistants
Pékin vise une croissance économique annuelle de 4,5% à 5% pour l’année 2026. Il s’agit de l’objectif le plus bas depuis des décennies. Le gouvernement doit encore composé avec une crise persistante dans le secteur immobilier, un ralentissement durable de la consommation et un chômage important chez les jeunes.
Dans son dernier rapport, le FMI a revu à la baisse sa prévision de croissance pour la Chine cette année, la ramenant à 4,4%, 0,1 point en dessous de l’objectif du gouvernement.
De plus, les données des Douanes chinoises ont montré que la croissance des exportations a fortement ralenti en mars, preuve que la guerre au Moyen-Orient commence à avoir un impact. Le BNS a annoncé que la croissance des ventes de détail, principal indicateur de la consommation, a ralenti plus qu’attendu en mars, soulignant les difficultés du gouvernement à relancer les dépenses des ménages.
Les dépenses des ménages ont progressé de 1,7% sur un an en mars. Un groupe d’économistes interrogés par Bloomberg tablaient sur 2,4%. De son côté, la production industrielle a connu en mars un taux de croissance de 5,7% en glissement annuel. Il s’agit d’un chiffre davantage qu’anticipé par Bloomberg (5,3%) mais sensiblement moins que le chiffre enregistré précédemment sur la période janvier-février (6,3%).
Hausse des tarifs et frein à l’exportation
La progression de la croissance au premier trimestre 2026 a été alimentée par les exportations, la construction et l’industrie, et non par la demande intérieure, selon une note de Zichun Huang, analyste au cabinet Capital Economics. «Nous pensons que la croissance ralentira légèrement sur le reste de l’année», a affirmé cette dernière. «Même si l’économie chinoise tient bien la route, elle devient de plus en plus dépendante de la demande extérieure», a-t-elle ajouté, notant que la guerre en Iran «ne devrait que renforcer cette tendance».
Des fournisseurs chinois et des acheteurs internationaux présents à la Foire de Canton, le plus grand salon commercial du pays, ont fait par de leur inquiétude pour leurs affaires en raison de la guerre en Iran. Ils évoquent des commandes en baisse et des coûts de transport qui ont explosé. Le directeur adjoint des Douanes chinoises, Wang Jun, a reconnu «de nombreuses incertitudes et instabilités dans l’environnement extérieur», c’est-à-dire à l’étranger.






