Le régulateur bancaire chinois a assuré que davantage de clients de banques, dont les retraits sont gelés depuis avril, pourront récupérer leur argent. Cette décision intervient après un tollé sur internet et une manifestation tendue contre les autorités.

Touchées par le ralentissement économique, quatre banques de la province du Henan (centre) ont suspendu depuis avril 2022 tout retrait d’argent, prenant de court des milliers de petits épargnants.

Cette situation a entraîné des manifestations sporadiques dans la province. L’une des plus importantes s’est déroulée le 10 juillet à Zhengzhou, la capitale du Henan, située à environ 600 kilomètres de Pékin.

Après une manifestation dispersée dans la violence, les autorités avaient assuré que certains déposants pourraient récupérer une partie de leur argent, mais dans la limite de 50 000 yuans (7 334 euros) dans un premier temps.

« La prochaine étape sera l’avance (des fonds) pour les clients ayant plus de 50 000 yuans » d’épargne sur des comptes gelés, a indiqué l’autorité de réglementation des banques et des assurances à des médias, sans donner de calendrier.

Actuellement, quelques épargnants lésés ont pu récupérer en partie leur argent, selon des conversations de groupe sur le réseau social WeChat vues par l’Agence France Presse. Certains se sont plaints de ne pouvoir effectuer les démarches en ligne, en raison de problèmes techniques sur l’application.

Le secteur bancaire dans les zones rurales en Chine est durement touché par la politique du gouvernement central visant à contenir la bulle immobilière et l’endettement dans la deuxième économie mondiale.

Selon le professeur au collège Claremont McKenna, Minxin Pei, « la confiance dans la sécurité des banques chinoises a été fortement ébranlée par la faillite de plusieurs petites banques dans la province du Henan en avril 2022 ». En termes d’actifs, elle représentent environ 40 milliards de yuans (6 milliards de dollars) et ont possède environ 400 000 de clients.

D’après l’économiste, « l’implosion de ces institutions financières mal supervisées et probablement en proie à la corruption ne devrait pas surprendre. Mais la façon dont les autorités locales ont géré les retombées est choquante même pour les observateurs les plus blasés de la scène politique chinoise ».

« Au lieu d’indemniser les déposants, qui ont droit à jusqu’à 500 000 yuans, selon les réglementations gouvernementales, les responsables du Henan ont fait tout ce qui était imaginable pour les faire taire », a souligné Minxin Pei.

En effet, la police avait annoncé le 10 juillet l’arrestation de personnes appartenant à une organisation criminelle, accusée de contrôler depuis 2011 plusieurs banques locales et d’effectuer des virements illégaux par le biais de prêts fictifs.

Lire aussi : Arrestation d’un « groupe criminel » pour pratiques douteuses

A la suite de ces arrestations, des épargnants lésés ont accusé les autorités d’inaction, voire de collusion avec ces banques. Plusieurs centaines de personnes avaient manifesté le 10 juin à Zhengzhou. Certains protestataires avaient indiqué avoir été battus par des individus non identifiés.