La Chine a appelé les banques à accorder davantage de crédits aux promoteurs. Les sociétés immobilières sont actuellement en difficulté en raison du nombre croissant de propriétaires qui refusent de payer leurs mensualités, ce aggrave un peu plus la crise dans l’immobilier.

Au bord de la faillite, certains groupes ne parviennent pas à poursuivre leurs chantiers et à remettre en temps voulu des logements vendus avant leur construction. Cette pratique de prévente est le moyen le plus courant en Chine pour vendre un bien immobilier.

Furieux, des propriétaires refusent de payer leurs mensualités dans près d’une centaine de projets immobiliers en Chine, selon des chiffres du secteur et d’analystes. Cette grève des mensualités fait craindre un risque de contagion au système financier de la crise de l’immobilier.

Afin d’éviter une crise plus profonde, l’autorité de réglementation des banques et des assurances a exhorté les banques à «répondre aux besoins de financement raisonnables des entreprises immobilières».

Il est indispensable de «faire du bon travail en matière de service clientèle […] de respecter les contrats, de tenir les engagements et de protéger les droits et intérêts légitimes des consommateurs», a souligné le régulateur à certains médias.

L’immobilier et la construction pèsent plus du quart du PIB de la Chine et ont servi durant plusieurs décennies de moteur à la reprise post-pandémie. Mais pour réduire l’endettement du secteur, Pékin a décidé de durcir les conditions d’accès au crédit pour les promoteurs.

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Face à ces nouvelles conditions, de nombreux groupes se retrouvent à court de liquidités, dont le numéro un du secteur, Evergrande. La mauvaise santé financière de ce géant chinois de l’immobilier impacte ses concurrents, car les acheteurs se montrent de plus en plus réticents à investir dans la pierre.

Les incertitudes liées à la Covid-19, qui pèsent sur le revenu des ménages, refroidissent aussi les acheteurs. Cette grève des mensualités représente pour le secteur immobilier «un cercle vicieux», a estimé à l’Agence France Presse, l’analyste Ken Cheung, de la banque japonaise Mizuho.

En raison du manque de confiance dans le secteur, les acheteurs potentiels diffèrent l’acquisition d’un bien, ce qui tire à la baisse les prix de l’immobilier, a indiqué l’analyste.

L’immobilier a longtemps été un pilier de la croissance en Chine, dynamisé par la hausse du niveau de vie de la population et par une frénésie d’achats, dans un pays où l’acquisition d’un bien est souvent un prérequis au mariage et un signe de richesse.

Le nombre de projets immobiliers en Chine est toutefois en recul, a indiqué l’économiste Rajiv Biswas, du cabinet S&P Global Market Intelligence, en faisant état d’une chute de 48% sur un an du nombre de nouveaux chantiers au premier semestre.

En mai 2022, la Chine a réduit son taux de référence à cinq ans pour les emprunts immobiliers, le ramenant à 4,45%. Cette seconde réduction de l’année s’explique par la volonté de Pékin de relancer à tout prix le secteur du logement.

Les transactions se sont effondrées sur le même mois de 46,6% sur un an, en avril, soit leur plus forte baisse depuis 2006, d’après les chiffres du Bureau national des statistiques. Entre janvier et avril 2022, la baisse moyenne des ventes est de 29,5%.

Outre la baisse des taux d’emprunt, les autorités d’une cinquantaine de grandes villes ont également assoupli les règles d’accès à la propriété, abaissant, par exemple, le niveau de l’apport initial obligatoire pour les acheteurs.