«La violence poussera Hongkong sur un chemin sans retour», avertit Carrie Lam, la cheffe de l’exécutif hongkongais. Cependant, les contestataires ne sont pas prêts de retourner à leur quotidien, espérant rassembler largement le 18 août.

Face à la situation, la Haut-Commissaire aux droits de l’Homme de l’ONU, Michelle Bachelet, s’est dite « préoccupée par la répression des manifestations pro-démocratie à Hongkong » et a réclamé une enquête impartiale dans l’ex-colonie britannique.

Michelle Bachelet «condamne toute forme de violence […] et enjoint les autorités hongkongaises à ouvrir une enquête rapide, indépendante et impartiale» sur le comportement des forces de l’ordre, a indiqué son porte-parole Rupert Colville lors d’une conférence de presse à Genève.

Elle rappelle que les droit à la liberté d’expression et au rassemblement pacifique, et le droit de participer aux affaires publiques sont reconnus dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme et dans la Loi Fondamentale régissant Hong Kong.

Cependant, Michelle Bachelet a souligné que son Bureau a en sa possession «des preuves crédibles montrant que des agents des forces de l’ordre ont fait usage de leurs armes d’une manière interdite par les normes internationales».

Le Haut-Commissariat a évoqué les tirs de grenades lacrymogènes «dans des zones peuplées et confinées, directement sur des manifestants […] avec le risque considérable de tuer ou de blesser gravement».

«Le Bureau demande expressément aux autorités de Hong Kong d’enquêter immédiatement sur ces incidents […] et d’agir avec retenue afin que les droits de ceux qui expriment leurs opinions pacifiquement soient respectés et protégés», a indiqué le porte-parole.

Depuis plus de mois, Hong Kong traverse sa plus grave crise politique depuis sa rétrocession à la Chine en 1997. Débuté début juin, les manifestations ont été tout d’abord une réaction au rejet d’un projet de loi hongkongais qui autorisait les extraditions vers la Chine. Par la suite, le mouvement s’est élargi à des revendications et protestations plus larges, comme le recul des libertés et les ingérences de la Chine dans les affaires intérieures.