L’Union européenne (UE) devrait poursuivre le dialogue avec la Chine sur les défis mondiaux, tels que le changement climatique et les crises sanitaires, mais aussi traiter les violations des droits de l’homme, selon un communiqué de presse du Parlement européen.

Dans un rapport adopté ce 15 juillet 2021 par 58 voix pour, 8 contre et 4 abstentions, la commission des affaires étrangères a présenté les six piliers sur lesquels l’UE devrait fonder sa nouvelle stratégie vis-à-vis de la Chine : la coopération sur les défis mondiaux, des engagements sur les normes internationales et les droits de l’homme, l’identification des risques et des vulnérabilités, la construction de partenariats avec des partenaires partageant les mêmes valeurs, la promotion de l’autonomie stratégique et la défense des intérêts et des valeurs de l’Europe.

Faire face aux défis communs, notamment l’émergence des pandémies

Selon le communiqué, le texte adopté plaide pour la poursuite du dialogue UE-Chine sur un certain nombre de défis mondiaux tels que les droits de l’homme, le changement climatique, le désarmement nucléaire, la lutte contre les crises sanitaires mondiales et la réforme des organisations multilatérales.

Les députés appellent également l’UE à s’engager aux côtés de la Chine à améliorer les capacités de réponse initiale aux maladies infectieuses qui pourraient se transformer en épidémies ou en pandémies, par exemple via la cartographie des risques et des systèmes d’alerte précoce. Ils demandent aussi à la Chine d’autoriser une enquête indépendante sur les origines et la propagation du COVID-19.

Pour la rapporteure Hilde Vautmans (Renew Europe, BE), a indiqué qu’«il est grand temps que l’UE s’unisse autour d’une politique globale plus affirmée à l’égard de la Chine qui lui permette de défendre ses valeurs et ses intérêts en acquérant une autonomie stratégique dans des domaines tels que le commerce, le numérique, la sécurité et la défense».

Tensions commerciales, relations de l’UE avec Taïwan

La rapporteure Hilde Vautmans (Renew Europe, BE) a déclaré que «la Chine est un partenaire avec lequel nous allons poursuivre le dialogue et la coopération, mais une Union qui se présente comme géopolitique ne peut pas minimiser la politique étrangère affirmée de la Chine et ses opérations d’influence dans le monde, ni son mépris des droits de l’homme et de ses engagements envers les accords bilatéraux et multilatéraux».

Selon le communiqué, les députés soulignent l’importance stratégique des relations entre l’UE et la Chine mais précisent également que la procédure de ratification de l’accord global sur les investissements ne pourra débuter tant que les sanctions chinoises à l’encontre d’eurodéputés et d’institutions de l’UE ne seront pas levées.

Les députés réitèrent leur appel à la Commission et au Conseil pour qu’ils progressent vers un accord d’investissement de l’UE avec Taïwan.

Dialogue et action contre les violations des droits de l’homme

Tout en condamnant les violations systémiques des droits de l’homme en Chine, les députés appellent à un dialogue régulier entre l’UE et la Chine sur les droits de l’homme et à l’introduction de critères de référence sur les progrès réalisés. Le dialogue devrait porter notamment sur les violations des droits de l’homme au Xinjiang, en Mongolie intérieure, au Tibet et à Hong Kong.

En outre, les députés regrettent la coercition exercée par la Chine à l’encontre d’entreprises européennes qui coupent les liens de leur chaîne d’approvisionnement avec le Xinjiang en raison des inquiétudes quant au travail forcé dans la région. Ils appellent l’UE à soutenir ces entreprises et à garantir que la législation actuelle de l’UE interdise effectivement les entreprises impliquées dans ces abus au Xinjiang d’opérer dans l’UE.

5G et lutte contre la désinformation chinoise

Les députés soulignent enfin la nécessité de développer des normes mondiales avec des partenaires partageant les mêmes idées pour la nouvelle génération de technologies, comme les réseaux 5G et 6G. Les entreprises qui ne remplissent pas les normes de sécurité doivent être exclues, précisent-ils.

Le rapport demande enfin de doter le Service européen pour l’action extérieure d’un mandat et des ressources nécessaires pour traiter les opérations de désinformation chinoises, y compris la création d’une Task Force StratCom dédiée à l’Extrême-Orient.

Selon le communiqué de presse du Parlement européen, le rapport sera prochainement mis aux voix lors d’une séance plénière du parlement européen.