Quelques jours après le lancement officiel de la première année franco-chinoise de l’environnement, et de la clôture de la COP24 en Pologne, la société Biotope a annoncé la finalisation d’un projet majeur de restauration écologique dans la province du Liaoning.

Le Lac Wolong, une importante zone de halte migratoire, avait vu disparaître en 2015 tous les oiseaux qui occupaient le site. Grâce au travail mené depuis 4 ans en consortium avec plusieurs entreprises françaises et chinoises, il accueille à nouveau aujourd’hui de nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs, lui permettant ainsi de prétendre au statut de Zone Humide d’Importance Internationale (Ramsar).

Ce projet et les résultats considérables obtenus en l’espace de quelques années démontrent que tout n’est pas perdu et qu’il est encore possible d’agir. La France dispose sur ces sujets d’un savoir-faire très largement recherché et a un rôle majeur à jouer.

Biotope, n°1 européen de l’ingénierie écologique et de la conservation de la nature, propose une expertise française unique développée depuis 25 ans qui s’exporte aujourd’hui dans l’Empire du Milieu.

Plus gros pollueur de la planète, la Chine fait aujourd’hui face à des défis écologiques majeurs : diminuer les impacts des activités humaines sur l’environnement pour améliorer la cohabitation entre l’homme et la nature et favoriser le tissu économique local… Le projet mené sur le Lac Wolong par Biotope illustre parfaitement ces enjeux.

«Depuis l’ouverture de notre filiale à Pékin en 2014, nous constatons non sans une certaine fierté que le savoir-faire français en matière d’ingénierie écologique et environnementale est recherché à l’autre bout du monde. A l’image de ce projet mené sur le lac Wolong, notre approche nous permet de concilier d’importants enjeux de restauration écologique avec le développement de nouvelles activités économiques et sociales durables pour les populations locales. Les bénéfices environnementaux et sociaux générés par cette restauration s’inscrivent dans le long terme et concernent toute la région, et c’est cette approche qui favorisera la prise de conscience par la population de l’intérêt de conserver leur environnement le plus proche. Longtemps considérée comme à la traîne sur ces sujets, la Chine investit aujourd’hui massivement en faveur de la protection et de la restauration de l’environnement. A l’heure où d’autres grandes nations reculent ou font du sur place, la Chine peut et doit devenir un partenaire stratégique de la France pour relancer la lutte mondiale contre le réchauffement climatique et la disparition de la biodiversité»

Frédéric Melki, Président de Biotope.

Le Lac Wolong, nouveau vivier de biodiversité D’une superficie de 126 km², le Lac Wolong a accueilli entre 2009 et 2011 près de 90% de la population mondiale de la Grue de Sibérie. Le site a été classé Réserve naturelle provinciale en 2001, en tant que halte migratoire d’importance internationale pour les grues, les oies, les canards, et les limicoles sur la plus grande voie de migration de la planète, la célèbre « voie Asie de l’Est – Australasie » avec ses 50 millions d’oiseaux migrant entre Sibérie orientale et Australie.

En 2012, en raison d’une exploitation intensive (le lac a été transformé en réservoir pour lutter contre la sécheresse qui touchait la région) conduisant à l’appauvrissement de ses ressources essentielles tant pour la population que pour les nombreuses espèces d’oiseaux migrateurs qu’il abritait, aucune Grue de Sibérie n’avait été observée sur le site. En mars 2015, plus aucun oiseau n’était présent sur place.

Plus de 3 ans après le début de ce projet financé par l’AFD, ce sont près de 100.000 oiseaux qui ont été observés sur le lac par les équipes de Biotope au printemps 2018, dont 1.500 grues de Sibérie. Ces excellents résultats ont permis d’atteindre un objectif majeur du projet, à savoir la formulation de la demande de classement du site en zone humide d’importance internationale (site Ramsar).

« Nos efforts, notre expertise et notre travail commun avec le maître d’ouvrage portent enfin leurs fruits, se félicite Xavier Rufray, Directeur Général Chine de Biotope« . « Les chiffres obtenus lors des dernières observations menées sur place sont très encourageants. De nombreux habitants des villages alentours sont venus spontanément pour voir les oiseaux avec notre longue-vue car cela faisait longtemps qu’ils n’avaient plus observé ce phénomène. Ces observations ont donné lieu à un spectacle grandiose», a ajouté ce dernier.


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