Les gouvernements de Taïwan et du Japon ont convenu le 24 décembre d’une «coopération globale» dans le domaine des semi-conducteurs et se sont engagés à s’entretenir régulièrement.

Le Parti démocratique progressiste de Taïwan (PDP) et le Parti libéral démocrate du Japon (PLD), se sont entretenus en visioconférence et ont convenu d’accroître la coopération de leurs deux pays dans le domaine des semi-conducteurs.

«Les deux partis ont convenu qu’à l’avenir, il y aura plus de coopération sur les chaînes d’approvisionnement, la mise en place d’un cadre complet, le déploiement d’un système, pour avoir une coopération globale dans le domaine des semi-conducteurs et d’autres industries auxquelles les deux pays accordent de l’importance», a déclaré Chiu Chih-Wei, parlementaire du PDP.

Ces discussions font suite à des consultations initiales qui se sont tenues fin août 2021. Les responsables japonais ont déclaré qu’ils avaient convenu avec Taiwan, ainsi que les États-Unis, devaient coopérer pour mettre en place des chaînes d’approvisionnement robustes dans des domaines tels que les semi-conducteurs.

Les puces ne sont pas seulement un problème pour l’industrie japonaise qui, comme le reste du monde, a été confrontée à une pénurie de semi-conducteurs mais elles relèvent aussi de la sécurité du pays face à la Chine, a ajouté Chiu Chih-Weh, lors d’une conférence de presse.

D’ailleurs, le projet d’établir une fonderie de semiconducteurs au Japon a été approuvé le 20 décembre à Taipei par la Taiwan Semiconductor Manufacturing Co. (TSMC) vient d’être autorisé.

Selon la commission d’investissement du ministère de l’Économie, ce projet prévoit l’investissement de 237,8 milliards de yens dans Japan Advanced Semiconductor Manufacturing, Inc. (JASM), une co-entreprise avec l’entreprise nippone Sony Semiconductor Solutions Corp. (SSS) pour la fabrication de semiconducteurs de 22-28 nanomètres.

En novembre 2021, le gouvernement japonais avait déjà annoncé investir 774 milliards de yens, soit 6 milliards d’euros, dans les semi-conducteurs. 400 millions de yens devraient notamment aller à la construction d’une gigantesque usine de semi-conducteurs du taïwanais TSMC dans la préfecture de Kumamoto, sur l’île de Kyushu, au sud du Japon.

Un projet réellement nippo-taïwanais puisque le géant japonais de l’électronique Sony y investira 7 milliards d’euros. TSMC souhaite également faire construire une autre usine à Kaohsiung, une grande ville portuaire située au sud de Taïwan.

Parmi les autres investissements du gouvernement japonais, une partie du budget devrait être destinée au fabricant américain de puces mémoire Micron Technology Inc et une autre au japonais Kioxia Holdings.

«Nous devons faire tout notre possible pour faire face à la pénurie de semi-conducteurs pour le moment mais les domaines de coopération devraient s’étendre à mesure que nous avançons», a déclaré Akimasa Ishikawa, un parlementaire du Parti libéral démocrate.

Ce dernier a participé à la réunion entre les taïwanais et les japonais. «L’un des principaux défis sera de savoir comment les trois pays se soutiennent en réponse aux investissements chinois dans les hautes technologies», a indiqué Akimasa Ishikawa.