La station spatiale chinoise Tiangong-1 s’est désintégrée ce 2 avril 2018 lors de sa rentrée dans l’atmosphère au-dessus de la partie centrale du Pacifique sud.

Le CMSEO, le bureau chinois chargé de la conception des vols spatiaux habités, a indiqué que «la plupart des équipements ont été détruits lors de la phase de rentrée dans l’atmosphère».

L’engin, en vol incontrôlé depuis 2016, a regagné l’atmosphère un peu plus tôt que prévu.  Le laboratoire spatial avait été placé en orbite en septembre 2011. Il devait effectuer une rentrée contrôlée dans l’atmosphère terrestre, mais a cessé de fonctionner en mars 2016, suscitant des inquiétudes quant à sa chute.

La station spatiale abandonnée pesait environ huit tonnes mais ne devait pas causer de dégâts en tombant, avait rassuré les autorités, promettant un spectacle « splendide », semblable à une pluie de météorites.

Le risque pour un être humain d’être touché par un débris spatial de plus de 200 grammes est d’un sur 700 millions, avait rappelé le CMSEO. « Les gens n’ont aucune raison de s’inquiéter », avait-il assuré.

Lors de la rentrée dans l’atmosphère, la chaleur croissante et les frictions entraînent la combustion ou l’explosion de la structure principale, à quelque 80 km de la Terre, d’après l’Agence spatiale européenne (ESA).

La plupart des fragments se dispersent dans l’air et un petit nombre retombe relativement lentement avant de s’écraser. Le contact avec la planète a plus de chances de s’effectuer en mer car les océans occupent plus de 70% de la surface terrestre.

La station Tiangong-1 est le 50ème plus gros objet à effectuer une rentrée non contrôlée depuis 1957, a indiqué à l’Agence France Presse, Jonathan McDowell, un astronome du Centre d’astrophysique Harvard-Smithsonian aux Etats-Unis.

Tiangong-1, ou « Palais céleste« , a été utilisé pour des expériences médicales, mais était surtout une étape dans  la construction d’une station spatiale chinoise. Huang Weifen, concepteur en chef adjoint du Centre chinois des astronautes, a indiqué à l’agence de presse, Xinhua, que « le rôle important de Tiangong-1 serait inscrit dans l’histoire spatiale chinoise. Il nous a aidé à accumuler des expériences précieuses en matière de construction d’une station spatiale ».

« Même si Tiangong-1 n’était qu’une plate-forme transitoire entre le vaisseau spatial et la station spatiale, (…)  il a montré la possibilité pour les Chinois de rester longtemps dans l’espace. L’imagination scientifique qu’il a stimulée parmi les Chinois est inestimable« , a expliqué Bai Ruixue, une ancienne journaliste spatiale et actuellement PDG d’une société centrée sur la connaissance publique des sciences spatiales.