Ouverte le 28 novembre 2011, la conférence des Nations Unies sur le changement climatique a été l’occasion pour l’ensemble des représentants de définir la seconde période d’engagement au Protocole de Kyoto, qui avait été rejeté par les Russes, les Canadiens, les Japonais et les Américains.

Le premier pacte, conclu en 1997, obligeait  les 37 pays industrialisés à réduire leurs émissions de carbone de 5% au niveau de 1990, et ce d’ici 2012. Une échéance qui arrive désormais à son terme et impose un nouvel accord, lors de cette Conférence de Durban.

Il s’agit non seulement de trouver un nouveau Protocole, mais d’imposer aux pays de limiter le réchauffement climatique à terme, à moins de 2 °C. Dès son ouverture, l’objectif de cette conférence était d’inciter le plus grand nombre de pays à limiter leurs émissions de gaz à effet de serre, en vain.

D’autant plus que les engagements pris par les Etats lors des précédents sommets de Copenhague et de Cancun n’ont représenté que 60% des limitations des gaz à effet de serre nécessaires pour ne pas dépasser 2 °C.

La Chine, fer de lance des pays émergents

Saluée pour les mesures prises afin de réduire son émission de gaz à effet de serre, la Chine et ses alliés émergents (Brésil, Inde, Afrique du Sud) ont souhaité la mise en place d’un nouvel engagement du Protocole de Kyoto. Ce groupe considéré pour l’occasion de « pays fondamentaux dans les efforts visant à lutter contre le changement climatique« , note Radio Chine International.

Pour les chinois, parlant au nom des « pays fondateurs« , ce protocole devra s’assurer que les représentants des pays développés entreprennent « des engagements sérieux pour la réduction des émissions de gaz à effet de serre« , a indiqué à RCI, Wei Su, chef adjoint de la délégation chinoise.

Ce dernier a assuré que « le Protocole de Kyoto est la pierre angulaire du régime climatique et sa deuxième période d’engagement est une priorité essentielle pour le succès de la Conférence de Durban ».

De son côté, Serge Lepeltier, ambassadeur français en charge des négociations sur le changement climatique, a expliqué au quotidien Le Monde que « les pays émergents tels que la Chine, l’Inde et le Brésil ont engagé des politiques internes pour limiter leurs émissions de gaz à effet de serre ».

« Ainsi, la Chine, dans son douzième plan, a des objectifs précis d’efficience énergétique, pour que l’augmentation de la consommation d’énergie soit inférieure à la croissance économique » a-t-il ajouté.

Face à cela, Beijing a réitéré la volonté de son pays à « travailler à la perspective d’une approche globale pour des résultats ambitieux et équitables, garantissant l’application intégrale, effective et soutenue du Protocole de Kyoto ».

La Chine fait des efforts

Bangkok @celinetabou

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Pour le responsable de la délégation chinoise, Xie Zhenhua, bien que la Chine est le premier pays émetteur de gaz à effet de serre du monde, devant les États-Unis, elle refuse de porter une responsabilité historique qui incombe selon elle principalement aux pays développés.

Cité par l’AFP, Xie Zhenhua a souhaité voir le sommet de Durban s’achever sur le principe des « responsabilités communes mais différenciées ». Ce dernier a toutefois affirmé que la Chine « est prête à prendre des engagements adaptés à son stade de développement« , à condition que les pays les plus développés acceptent une seconde période d’engagement du protocole de Kyoto.

D’ici là, le changement du climat global est nettement perceptible en Chine, la température en surface s’est élevée de 1,1°C en 100 ans, a expliqué Gaëlle Lahoreau, de l’université de la Sorbonne.

Cette dernière a indiqué qu’au cours des « 50 dernières années, les précipitations en Chine de l’ouest et du sud ont augmenté, mais elles ont diminué en Chine du nord et du nord-est. La fréquence et l’intensité des vagues de chaleur, des sécheresses et des pluies diluviennes ont augmenté, ce qui est aussi attribuable aux changements« .

Pour la première fois, Beijing a annoncé des objectifs chiffrés, s’engageant ainsi à réduire son « intensité carbonique » (émissions polluantes par point de PIB) de 40 à 45% d’ici à 2020 par rapport à 2005. Mais d’ici là, la communauté internationale (pays développés et émergents) devront s’entendre pour améliorer la situation.

En dépit des efforts faits, pour Serge Lepeltier, les pays émergents « sont aujourd’hui très réticents à s’engager dans un accord international« car ils « considèrent que la responsabilité actuelle du changement climatique relève seulement des pays développés ».

« C’est l’un des enjeux de Durban de faire comprendre que s’il y a dix ans, cette argumentation était réaliste, aujourd’hui, les émissions de gaz à effet de serre des pays émergents sont telles que leur responsabilité dans le changement climatique des années qui viennent sera importante« , a assuré ce dernier.

Une conférence à minima

Les représentants avaient jusqu’au 9 décembre 2011 pour s’arranger. Malgré les bonnes volontés, le bilan est mitigé. En effet, deux jours après la date butoir, un accord final a été trouvé, prévoyant plusieurs aspects.

Parmi lesquels, la poursuite du protocole de Kyoto à compter du 1er janvier 2013, la mise en place d’un mécanisme de fonctionnement du futur fonds vert et l’instauration d’une procédure de négociations, dite Plate-forme de Durban, visant à élaborer un engagement juridique.

Cet accord d’intention n’a pas permit de faire plier les États à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Cependant, les États-Unis, l’Inde et la Chine se sont déclarés satisfaits.

Beijing a d’ailleurs estimé que « la conférence a amené à des décisions sur les arrangements de la seconde période de mise en application du Protocole de Kyoto, qui constitue la question la plus préoccupante pour les pays en développement ».

sécheresseDe son côté, la commissaire européenne pour le climat, Connie Hedegaard, a assuré que « l’essentiel est que toutes les grandes économies, toutes les parties en présence se sont légalement engagées sur l’avenir ».

Le secrétaire général des Nations Unies, Ban-Ki-Moon s’est concentré sur la mise en place de la Plate-forme de Durban, assurant que celle-ci allait « guider les efforts mondiaux pour traiter les causes et l’impact du changement climatique ». « La plateforme de Durban représente un accord significatif qui définit la façon dont la communauté internationale va s’occuper des changements climatiques dans les années à venir », a-t-il estimé.

Pour le gouvernement des Iles Tuvalu, menacées par le réchauffement climatique, l’accord n’est pas satisfaisant, car « la communauté internationale devrait prendre des décisions importantes contre le réchauffement climatique maintenant, pas demain ni en 2015 ».