La secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, a accusé la Chine de faire obstruction aux efforts internationaux visant à alléger la dette de ces pays, notamment ceux du continent africain.

« L’obstacle à de plus grands progrès est un important pays créancier, à savoir la Chine », a déclaré la ministre de l’Économie et des Finances de Joe Biden, le 14 octobre lors d’une conférence de presse au siège du Fonds monétaire international (FMI), à Washington.

« Il y a donc eu beaucoup de discussions sur ce que nous pouvons faire pour amener la Chine à la table et favoriser une résolution plus efficace de ces problèmes », a-t-elle précisé. Cette déclaration intervient alors que les récentes réunions du FMI et de la Banque mondiale, ainsi que celles des G7 et G20 Finances ont prit fin.

Le FMI et la Banque mondiale ont demandé à la Chine, premier créancier du monde, de s’engager dans la restructuration de la dette des pays pauvres et en développement à travers le cadre commun de négociation mis en place par le G20.

Or, « très peu de pays » demandent que leur dette soit traitée dans le cadre commun du FMI, a indiqué la ministre, lors d’une réunion avec ses homologues des pays de la zone euro.

Parmi ceux qui l’ont fait, « la Chine est un facteur important expliquant pourquoi cela ne fonctionne pas » et Pékin « ne participe pas de manière constructive », a-t-elle assuré.

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Les dégâts économiques provoqués par la pandémie de Covid-19 ont conduit de nombreux pays à devoir emprunter encore plus, alors que leurs situations de surendettement étaient déjà alarmantes. A cela s’ajoute, la hausse des taux d’intérêts qui doit permettre de juguler l’inflation.

« La situation dans les pays africains et dans d’autres pays en développement « est extrêmement préoccupante », a souligné la secrétaire au Trésor. « Les problèmes d’endettement deviennent de plus en plus aigus pour les pays africains », a assuré Janet Yellen, qui a reconnu « l’importance de faire des progrès en vue de disposer d’un cadre meilleur et plus efficace pour résoudre le surendettement ».

L’encours total des prêts officiels chinois est évalué entre 500 et 1 000 milliards de dollars, concentrés dans les pays à revenu faible et intermédiaire, et « pas moins de 44 pays doivent désormais une dette équivalant à plus de 10% de leur PIB à des prêteurs chinois », avait précisé fin septembre un conseiller de Janet Yellen.

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En août, le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, a promis un important allègement de la dette de certains des pays les plus pauvres du monde, lors de la réunion ministérielle du Forum pour la coopération sino-africaine.

Outre l’augmentation de l’aide alimentaire fournie au continent africain, Wang Yi s’est engagé à ne plus exiger le remboursement des prêts concessionnels récemment arrivés à échéance, mais que 17 États africains n’avaient pas pu rembourser.

L’encours des crédits impayés accordés majoritairement par le ministère chinois du commerce (ou par la Banque d’exportation et d’importation de Chine) devraient donc être annulés.

Image de Une : Département du Trésor américain