Les États-Unis envisagent d’interdire l’importation et la vente de drones fabriqués par la société texane Anzu Robotics, expliquant que cette dernière entretient des liens technologiques avec une entité soumise à restrictions, vraisemblablement DJI (Chine). Si cette mesure est adoptée, l’embargo américain sur les technologies de drones étrangères sera étendu, ce qui indiquerait que les autorités sont prêtes à cibler toute entreprise américaine soupçonnée de servir d’intermédiaire pour des sociétés chinoises.
Le problème avec Anzu Robotics, c’est que malgré son immatriculation au Texas, ses drones sont fabriqués en Malaisie, et il est allégué que l’entreprise utilise des pièces DJI provenant de Chine dans ce processus. Plus tôt cette année, lorsque des puces Nvidia interdites se sont retrouvées dans des laboratoires chinois, il a également été allégué qu’elles étaient passées par un intermédiaire malaisien. Il y aura toujours des failles et des contournements dans les contrôles à l’importation et à l’exportation, et un renforcement du contrôle réglementaire ne sera donc pas surprenant.
Donald Trump s’attaque à la Chine
Le président américain, Donald Trump a annoncé l’imposition prochaine de droits de douane sur les drones et composants liés importés aux Etats-Unis. Cette mesure vise implicitement les constructeurs chinois, particulièrement en pointe dans ce secteur, et est la suite logique des enquêtes publiques lancées par l’administration américaine en juillet dernier. A l’époque, les drones et les panneaux solaires étaient aussi visés.
Deux niveaux de droits de douane seront mis en oeuvre au début du mois de septembre. Une taxe de 100% s’appliquera ainsi pour les drones dont le poids au décollage dépasse 25 kilos, pour ceux équipés de caméras thermiques, pour les stations d’accueil pour drones ainsi que pour certains composants. Un droit de douane beaucoup plus léger, puisqu’il ne sera que de 25%, est prévu pour les drones plus petits.
Pour le président américaine, le but est de protéger la sécurité nationale des Etats-Unis tout en faisant en sorte d’« encourager la production » de drones aux Etats-Unis et de « réduire la dépendance » à des fournisseurs étrangers. Une préoccupation que ne date pas d’hier.
Dans une note officielle de décembre 2025, le gouvernement américain établissait le besoin de construire des drones et leurs composants aux Etats-Unis, ce qui « réduirait le risque d’attaque directe et de perturbation par des drones, de surveillance non autorisée, d’exfiltration de données sensibles et d’autres risques à la patrie ». Cette « résolution de sécurité nationale » soulignait aussi que les drones sont, de manière « inhérente », à double usage : la plupart des drones, même vendus pour un usage civil, peuvent être utilisés de manière militaire.
Selon Washington, 40 pays aident Pékin à échapper aux droits de douane
L’annonce de ces nouveaux droits de douane intervient au moment où l’administration américaine accuse une quarantaine de pays d’aider la Chine à échapper aux sanctions commerciales. Un rapport pointe certains partenaires commerciaux majeurs de Washington comme le Vietnam ou le Mexique, qui servent notamment d’étapes pour la réexpédition de produits vers les Etats-Unis. Parmi les pays visés figurent aussi, le Panama et la Colombie qui apparaissaient pourtant, jusqu’à présent comme des soutiens pour l’administration Trump dans sa guerre commerciale contre la Chine.
Officiellement, le rapport ne vise pas directement la Chine, mais il assure que la Chine utilise cette méthode. « La Chine mène depuis des années une véritable escroquerie grâce à la réexpédition, en masquant la provenance des produits par un transit via une quarantaine de pays, volant notre budget de dizaines de milliards de dollars », a accusé le conseiller au commerce de Donald Trump, Peter Navarro, lors d’une conférence de presse téléphonique avec Les Echos. Pour ce dernier, « un moteur chinois installé dans un fauteuil inclinable vietnamien reste un moteur chinois et c’est un emploi américain de détruit. »
La Chine a renforcé les restrictions à l’exportation de drones vers les États-Unis
Les États-Unis ont renforcé leurs restrictions commerciales envers la Chine, et les autorités de Pékin annoncent début août des contre-mesures. Elles ont notamment fait état d’un durcissement des contrôles à l’exportation de drones destinés aux États-Unis.
Les autorités ont annoncé la mise en place de cette réglementation et ont précisé que les exportations considérées comme ayant des usages à la fois civils et militaires, notamment les drones, les composants essentiels et les technologies connexes, feront l’objet d’examens plus rigoureux.
La Chine a imposé des sanctions à six organisations américaines qu’elle accuse de soutenir ce qu’elle qualifie de « sanctions américaines illégales » contre la région autonome ouïghoure du Xinjiang. Ces organisations se voient interdire toute relation commerciale avec des associations et des personnes chinoises.
Un porte-parole du ministère chinois du Commerce a souligné que les mesures étaient « globalement modérées » et a exhorté les États-Unis à lever leurs restrictions.
Les drones figurent parmi les technologies de pointe majeures. Bien qu’ils n’attirent pas autant l’attention que l’IA, les véhicules électriques ou les robots, leurs applications, tant commerciales que militaires, sont nombreuses. À l’instar des véhicules électriques, les drones peuvent collecter d’énormes quantités de données, susceptibles d’être transmises et réutilisées. C’est ce qui explique les préoccupations sécuritaires de Washington.
Image de Une : DJI Agriculture Drone T50 and T25 – PRN