L’autorité chinoise de contrôle des marchés a annoncé qu’elle avait infligé des amendes à des divisions des groupes Alibaba, Tencent et Bilibili pour n’avoir pas rapporté correctement une dizaine de transactions.

D’après des documents publics, une amende de 500.000 yuans (69.590 euros environ) par accord leur a été infligée, soit le montant maximal fixé par la loi anti-monopole datant de 2008.

Cette décision du régulateur intervient sur fond de répression accrue menée par Pékin contre un éventail d’industries, en premier lieu le secteur technologique.

En novembre dernier, l’autorité chinoise de contrôle des marchés avait déjà épinglé 43 investissements non enregistrés et infligé pour chacun une amende de 500.000 yuans.

Dernièrement, Alibaba Cloud a également été sanctionné par le ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information (MIIT). Le ministère a suspendu pour une durée de 6 mois son partenariat avec Alibaba Cloud à la suite de la faille informatique Log4j, a indiqué le quotidien hongkongais South China Morning Post (filiale d’Alibaba).

D’après SCMP, la filiale d’Alibaba n’a pas alerté le ministère en premier pour cette faille, alors que c’est l’un de ses ingénieurs qui serait à l’origine de sa découverte, d’après les informations de Bloomberg.

Or les équipes d’Alibaba ont suivi le protocole en contactant Apache, l’éditeur du logiciel en cause, avant de rendre leur découverte publique. Cependant, une loi nationale impose désormais aux entreprises de signaler en priorité toute vulnérabilité au gouvernement dans un délai de deux jours.

D’après le MIIT, c’est « un tiers » qui l’a informé de cette vulnérabilité. Cette dernière est considérée comme particulièrement grave par Pékin car elle « peut conduire au contrôle à distance des équipements, ce qui peut entraîner de graves dommages tels que des vols de données et l’interruption des services. »

Le MIIT avait choisi Alibaba Cloud dans le cadre d’un partenariat de coopération dans le secteur de la cybersécurité et du partage des informations. La suspension sera réévaluée dans 6 mois en fonction des mesures internes prises par Alibaba Cloud, a écrit le ministère dans son avis.

Cette décision pourrait affecter les perspectives commerciales de la filiale d’Alibaba, d’autant plus que le gouvernement chinois a récemment demandé aux entreprises publiques de migrer leurs données d’opérateurs privés tels qu’Alibaba et Tencent vers un cloud national.