Le charbon n’a pas sa place dans la relance économique post-Covid-19, a plaidé Antonio Guterres dans un message adressé à la Chine.

Le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a indiqué qu’«il n’y a pas de charbon propre et le charbon n’a pas sa place dans des plans de relance rationnels».

Dans un discours lu à distance devant la prestigieuse université Tsinghua à Pékin, il a martelé que «nous devons cesser de gaspiller de l’argent avec les subventions aux énergies fossiles et au financement du charbon».

Cette intervention arrive alors que la Chine a prévu la construction de nouvelles centrales électriques à charbon, en contradiction avec les engagements en matière de lutte contre le changement climatique du premier émetteur mondial de CO2, selon une étude publiée en 2019.

Les usines construites entre janvier 2018 et juin 2019, représentant une capacité totale de près de 43 gigawatts, annulent la baisse d’émissions réalisées par le reste du monde, selon une étude de l’ONG américaine Global Energy Monitor.

Alors que la houille est considérée comme la source d’énergie la plus nuisible au climat, «il est profondément inquiétant de constater que de nouvelles centrales électriques au charbon sont toujours planifiées et financées», a ajouté le patron des Nations unies.

Selon un rapport publié en juin 2020, le pays a augmenté de 21% ses projets de centrales au charbon au cours des six premiers mois de l’année. Ses capacités de production en construction ou en projet, soit près de 250 gigawatts, dépassent la production actuelle des Etats-Unis ou de l’Inde, selon le rapport du Global Energy Monitor et du Centre for Research on Energy and Clean Air.

«La Chine s’est avérée un partenaire essentiel à l’adoption et à la ratification de l’Accord de Paris» sur le climat, a souligné Antonio Guterres. «Mais cinq ans plus tard, les objectifs de Paris risquent de devenir hors d’atteinte», a indiqué ce dernier.

Le charbon représentait l’an dernier 57,7% du bilan énergétique chinois, en baisse de 1,5 point sur un an. Mais comme la consommation énergétique totale a augmenté, celle du charbon a progressé de 1%, selon le Bureau national des statistiques.