A l’occasion du Forum économique annuel de Boao, dans l’île méridionale de Hainan, Xi Jinping a indiqué qu’il fallait « éviter de précipiter l’Asie dans le chaos », en raison des tensions dans la péninsule coréenne.

chine corée du nordLe président chinois a assuré que « personne ne devrait être autorisé à précipiter dans le chaos une région, et à plus forte raison le monde entier, par égoïsme ». Sans citer explicitement, la Corée du Nord et les États-Unis, Xi Jinping a indiqué qu’il fallait « agir de façon concertée pour résoudre de grandes difficultés afin d’assurer la stabilité en Asie ».

D’autant plus que le continent fait face « à de nouveaux défis tant que surgissent des questions sensibles et qu’existent des menaces sécuritaires traditionnelles et non traditionnelles ».

« Une vision pour une sécurité globale »

Le président chinois a d’ailleurs appelé la communauté internationale à défendre « une vision pour une sécurité globale, commune et coopérative« . De son côté, le ministre chinois des affaires étrangères, Wan Yi, a exprimé son inquiétude vis-à-vis des tensions croissantes dans la région.

« Nous nous opposons à tout acte et toute déclaration provocants de quelque partie dans cette région, et nous ne permettrons pas de perturbations aux portes de la Chine », a-t-il déclaré, après s’être entretenu avec le secrétaire générale des Nations Unies, Ban Ki-moon.

Depuis quelques jours, Washington presse Beijing de faire pression Pyongyang pour qu’elle tempère ses provocations, auquel cas les États-Unis sont prêts à renforcer leur présence dans la région.

Cependant pour Wang Fan, assistant du directeur de l’Institut de la diplomatie, dans le quotidien Huanqiu Shibao, il est nécessaire de mettre en place une coopération sino-américaine, afin de régler le conflit.

Zhang Xudong, doctorant en relations internationales à l’université Tsinghua, a indiqué à Courrier International que « la péninsule a maintenant surtout besoin de mesures d’apaisement. Les deux parties [Corée du Nord et États-Unis] doivent abaisser leurs niveaux d’alerte stratégique, réduire l’ampleur de leurs manœuvres, garder leur sang-froid et leur maîtrise d’eux-mêmes ».

L’ensemble des experts estiment qu’il devient indispensable d’apaiser les tensions. D’après certains médias, le ministre des affaires étrangères suisse aurait pris contact avec la Corée du Nord, afin de lui proposer sa médiation.

« La Suisse est disposée à contribuer à la détente dans la péninsule Coréenne et est toujours prête à contribuer à la recherche d’une solution, si tel est le vœu des parties, par exemple en accueillant des rencontres entre celles-ci », a déclaré la porte-parole du ministère, dans un communiqué diffusé par Internet.

Garantir la sécurité des ressortissants

La Chine a demandé au gouvernement nord-coréen de garantir la sécurité de ses diplomates, de ses ressortissants et de ses investissements dans le pays, craignant une montée des tensions.

En dépit, de la position complexe de Pyongyang, Beijing ne souhaite pas remettre en question son alliance avec la Corée du nord, bien que celle-ci le mette dans une situation particulièrement tendue.

Les « tensions sur la péninsule Coréenne ne cessent de s’amplifier et la Chine exprime sa vive préoccupation à ce sujet », a écrit le ministère des affaires étrangères chinois dans un communiqué. D’autant que le 3 avril, Pyongyang suggérait aux ambassades étrangères d’envisager l’évacuation de leur mission.

Mais pour William Hague, ministre des affaires étrangères britannique, il n’y a pas de « nécessité immédiate » de retirer les diplomates britanniques de Corée du Nord.

Du côté allemand, le ministre des affaires étrangères allemand, Guido Westerwelle, a indiqué qu’il y a « des règles claires en vertu du droit international qui lient également la Corée du Nord. Que la Corée du Nord attise les tensions est irresponsable et constitue une menace réelle pour la paix et la sécurité dans la région ».