Les étrangers investissent de moins en moins en Chine, alors que le pays investit massivement à l’extérieur, particulièrement en Afrique et en Europe. Selon le ministère chinois du Commerce, les IDE vers la Chine, ont diminué de 3,7% en 2012, à 83,775 milliards d’euros (112 milliards de dollars), pour la première fois en 9 ans. A contrario, les investissements direct étrangers (IDE) de la Chine ont progressé de 28,6% à 57,915 milliards d’euros.

Cette baisse des IDE en Chine est l’une des conséquences de la crise économique et financière et contraste avec le record de 2011, où ils avaient atteint 87 milliards d’euros. Le flux d’investissements de l’Union Européenne a diminué de 3,8% tandis que les IDE des États-Unis ont augmenté de 4,5%, et ceux du Japon de 16,3%, a indiqué Le Quotidien du Peuple.

Des investissements étrangers moindre

photo chine standard« Les investisseurs chinois ont réalisé en 2012 pour 57,915 milliards d’euros d’investissements directs étrangers dans 4.425 sociétés réparties dans 141 pays et territoires, en hausse de 28,6% sur un an », a annoncé le porte-parole du ministère, Shen Danyang.

Face à ces données, certains observateurs se demandent si l’Empire du milieu ne va pas finir par « exporter plus d’investissements dans les entreprises qu’elle n’en attire ». « Il est très probable que la Chine va devenir un pays exportateur (net) de capital« , a expliqué Shen Jianguang, économiste de la maison de courtage Mizuho Securities Asia Limited, à l’AFP.

Cette situation pourrait se reproduire d’ici deux à trois ans, car « les investissements à l’étranger sont un moyen relativement rapide pour les sociétés chinoises d’obtenir de la technologie et des parts de marché à l’étranger », a indiqué ce dernier.

Toutefois, sur l’ensemble de l’année 2012, « la croissance de l’investissement en provenance de certains pays développés, dont les États-Unis et le Japon, a été bonne ».

En effet, les investissements américains en Chine ont progressé en 2012 de 4,5% à 2,34 milliards d’euros, et ceux en provenance du Japon de +16,3% à 5,535 milliards d’euros. D’ailleurs en 2011, les investissements nippons avaient également augmenté de  33,2%.

De leurs côtés, les investissements directs étrangers en provenance de l’Union européenne ont diminué de 3,8% l’an dernier, pour se situer à 4,58 milliards d’euros.

Cependant, les investissements en provenance de dix pays asiatiques, dont le Japon, représentent la majorité du total des IDE en Chine, soit 71,80 milliards d’euros, en baisse de 4,8% sur un an.

Chute du secteur manufacturier

La diminution des IDE s’est concentrée dans les industries manufacturières, sans pour autant « constater de délocalisation massive d’entreprises étrangères depuis la Chine« , a indiqué Shen Danyang. Toutefois, sur la seconde année consécutive, le secteur manufacturier a connu une baisse de 6,2% par rapport à 2012.

Certains patrons d’entreprises étrangères, travaillant en Chine, ont fait savoir au ministre chinois du Commerce, Chen Deming, qu’ils comptaient augmenter leurs investissements dans le pays, ce qui « montre que les entreprises multinationales ont toujours une grande confiance dans l’environnement chinois des affaires », a assuré Shen Danyang.

Outre la hausse du coût du travail, Wang Zhile, président de l’Académie sur les sociétés transnationales new century de Beijing, a expliqué que cette baisse était également due « à la fragilité de l’économie mondiale et à la concurrence féroce pour attirer les capitaux étrangers ».

« La chute des IDE n’est pas une surprise, du fait des problèmes de la dette européenne. Les performances de la Chine l’année dernière ont été bonnes« , a précisé ce dernier.

Sur l’ensemble du territoire, les zones du Centre de la Chine ont vu une nette augmentation des IDE de 18,5% en 2012, bien que cela ne représente que 8,3% du total national, a indiqué le ministère du Commerce.

Des investissements disparates sur tout le territoire

A l’Est, les données représentent plus de 82% du total des IDE en Chine, celles-ci ont enregistré une baisse de 4,2%. Tandis que les régions frontalières de l’Ouest ont une baisse de 14,3%.

Ces données négatives incitent le Conseil des affaires de l’État à développer les provinces du Centre du pays. En effet, en juillet, le Conseil avait publié une directive encourageant le développement des provinces du Centre.

Celle-ci stipulait que les pouvoirs provinciaux devaient « favoriser le secteur manufacturier de ces régions, riche en en main-d’œuvre, par le biais du déplacement d’entreprises depuis les bases de fabrication traditionnelles des zones côtières ».