Retrouvez l’intervention de Assane MBengue, président de la Fédération des associations d’amitié Chine-Afrique, lors de la conférence sur le dialogue des gouvernements locaux entre la Chine et les marchés émergents et les pays en développement.

M. le Président de l’association de la République Populaire de Chine pour l’amitié avec les pays étrangers,

Mesdames et Messieurs les représentants des gouvernements locaux,

Distinguées participants en vos rangs, qualités, grades et titres,

Chers invités au dialogue,

Grande est la fierté qui m’envahit en prenant la parole devant cette auguste assemblée. En ma qualité de président de la fédération des associations d’amitié Chine-Afrique, je me réjouis d’autant plus de la tenue de l’évènement qui nous réunit aujourd’hui qu’il marque ma première rencontre avec votre association depuis mon élection du 22 septembre 2021 à Dakar. C’est le lieu de dire tout mon espoir à le voir consacrer le départ d’une collaboration dont le temps ne saura démentir les fredons.

Il faut d’emblée souligner que le mot « Dialogue » qui entame le thème de cette conférence est riche en sens et traduit le paradigme sur lequel repose la relation sino-africaine depuis l’antiquité. En effet, qu’il s’agisse de la préhistoire, du Moyen-âge ou encore de l’histoire récente au 20ème, il y a nombre de jalons qui traduisent cette éthique du dialogue autour de laquelle nos deux peuples ont su collaborer. Dès lors, tout observateur – même non averti – serait en mesure de comprendre les mécanismes et ressorts qui les y ont préparés.

D’un côté, l’Empire du Milieu, tant par son histoire – faite de prises d’initiatives et de valorisation de son capital humain – que par sa géographie, avec un littoral long de 14 000 km lui imposant un horizon pacifiste, a su favoriser le dialogue dans son enceinte et par delà l’Asie.

De l’autre, l’Afrique, fille aînée de l’humanité, a appris à dialoguer avec la nature et à faire dialoguer ses enfants. Le génie culturel africain a d’ailleurs inventé des concepts tels que l’Ubuntu ou encore le Maslaa qui traduisent chacun, une incitation au dialogue.

Ainsi, il n’est guère surprenant de voir, de nos jours, ce que ces deux foyers culturels ont pu engendrer. C’est tout le sens des foires provinciales régulièrement organisées en Chine et auxquelles les étrangers sont invités à participer. Véritables moments de dialogues, c’est l’occasion de découvertes mutuelles, souvent surprenantes parce que révélant des similitudes auparavant jamais imaginées. Volet charnière de l’initiative une Ceinture et une Route, ces initiatives de dialogues des cultures sur fond de commerce marquent à jamais un continuum de coopération entre nos deux peuples frères.

En Afrique, il faut se féliciter du fait que des pays sentinelles de l’administration territoriale aient emboîté le pas à la Chine. C’est le cas du Sénégal qui a adopté depuis maintenant une décennie l’acte 3 de la décentralisation, qui fait des collectivités territoriales des communes de plein exercice. Par cet acte, le pays de la Teraanga est en train de corriger l’aberration coloniale qui favorisait une économie de traite avec la mise sur pied de comptoirs commerciaux sur les villes côtières et insulaires comme Dakar, Saint-Louis, Rufisque et Gorée, opérant ainsi une rupture avec l’arrière pays.

Au regard de l’offre de coopération de la Chine au Sénégal, il est permis de dire que la dynamique de remembrement du pays est bonne. En effet, prenant l’exemple de l’autoroute Ila Touba, la zone agro-pastorale du Njàmbur sera polarisée et inscrite sur l’échiquier de coopération internationale. Voilà toute trouvée donc une nouvelle dimension de mondialisation totalement différente de celle de Westphalie à laquelle notre continent était jusque-là habituée.

J’aimerais donc dire tout l’engagement de notre fédération à pérenniser ce dialogue. Mieux, j’invite l’association de la République Populaire de Chine pour l’amitié avec les pays étrangers à user de toute son influence afin de permettre plus de relations entre collectivités territoriales et gouvernements provinciaux. L’exemple du Jumelage depuis quelques années entre la ville de Dakar et Xia’Men doit faire tâche d’huile de sorte que nous puissions assister à une véritable mondialisation par le bas pour le meilleur de nos deux peuples. Ainsi, nous sera-t-il possible de cueillir les pêches parce que nous aurons au préalable planté et arrosé ensemble le pêcher, selon l’expression consacrée de Mao, à l’occasion d’une réunion à Yenan. C’était le 13 août 1945 et le vaillant peuple chinois venait de s’affranchir du joug japonais.

C’est sur cette allégorie que je comptais finir mon propos.

Je vous remercie.