Alors que plus de 15 000 scientifiques issus de 184 pays ont publié dans BioScience un texte sur l’état alarmant de la planète, le rapport du Global Carbon Project prédit que les émissions mondiales de CO2 augmenteront de 2 % cette année, atteignant des niveaux record.

La Chine reste le principal émetteur de gaz à effet de serre

Ce consortium international de chercheurs a expliqué que l’état de la situation était une sérieuse menace pour l’accord de Paris établi en 2015 à la COP21 et signé par près de 196 pays. Cet accord historique avait pour but de limiter le réchauffement climatique en dessous de 2°C par rapport à l’ère préindustrielle.

Cependant, pour le quotidien américain, Financial Times, « cette hausse est directement liée au renforcement de la croissance économique chinoise ». Le rapport du Global Carbon Project prévoit une hausse de 3,5% des émissions de gaz à effet de serre, uniquement en Chine en 2017.

« Les émissions ont recommencé à augmenter en Chine cette année, après la hausse des prix du charbon et de l’acier l’année dernière qui annonçait une reprise économique plus générale », a souligné le quotidien.

La reprise chinoise intervient après un long ralentissement économique enregistré de 2012 à 2016 dans les provinces du Nord, abritant une grande partie de l’industrie manufacturière, férue de charbon du pays.

Face à l’aggravation climatique dans le pays, le gouvernement chinois a lancé une série de mesures, d’inspections et des fermetures d’usines polluantes et d’aciéries dans le nord de la Chine. Le but est alors de limiter les émissions et leurs effets et de développer les énergies renouvelables, dont le solaire.

Beijing a massivement investi dans ce secteur, devenant le plus gros producteur mondial d’énergie solaire, mais elle ne représente que 1 % de l’électricité produite.

Dans ses documents de ratification de l’Accord de Paris, la Chine avait anticipé que ses émissions de gaz à effet de serre continueraient à augmenter jusqu’en 2030 en se basant sur des prévisions de croissance économique.

Beijing reste sur la bonne voie

« Nous sommes capables de réaliser plus que ce à quoi nous nous sommes engagés dans l’accord de Paris. Le problème est que celui-ci ne pourra être accompli sans les efforts de tous », a indiqué Xie Zhenhua, le représentant spécial de la Chine sur le changement climatique.

Ce dernier a indiqué que son pays atteindrait probablement son pic d’émission de carbone « en avance » par rapport à la date fixée de 2030.

D’ailleurs, un marché national d’échange de droits d’émissions de carbone sera lancé après avoir reçu l’approbation du gouvernement central. « La préparation à l’ouverture de ce marché est entrée en phase finale », a souligné Xie Zhenhua.

Raison pour lesquelles, le présentation de la Chine a estimé qu’il n’y avait plus lieu « d’engager des négociations sur la hausse des engagements de la Chine au cours de la conférence climatique de cette année, car tout a été fixé dans l’Accord [de Paris]. La clé sera plutôt de « résoudre les désaccords au sein des différents alliés ».

Réunis à Bonn en Allemagne pour finaliser les détails de la mise en œuvre de l’accord de Paris sur le climat, des différends importants sont apparus entre les pays développés et en développement. Cette opposition concerne des points essentiels, comme le financement de la lutte contre le changement climatique et des actions pré-2020.

Pour Xie Zhenhua, « nous n’avons pas le temps [d’attendre] les retardataires climatiques. Nous devons jouer cartes sur table et travailler de manière sincère pour résoudre » les problèmes.

De son côté, Chai Qimin, le directeur du Département de coopération internationale du Centre national de stratégie pour le changement climatique et la coopération internationale, a indiqué que « les nations développées devraient proposer dès que possible au cours de cette conférence des étapes concrètes pour des actions avant 2020, car peu de personnes souhaitent attendre la dernière minute pour réaliser des progrès »