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Cybersécurité : la Chine appelle l’UE à ne pas emprunter la voie du protectionnisme

Cybersécurité : la Chine appelle l’UE à ne pas emprunter la voie du protectionnisme

La révision du règlement européen sur la cybersécurité (CSA2), présentée le 20 janvier par la Commission, a suscité de vives inquiétudes à Pékin. Car le texte pourrait conduire à l’exclusion des entreprises technologiques chinoises de la fourniture d’infrastructures critiques au sein de l’Union européenne.

Réagissant au projet de la Commission visant à éliminer progressivement les équipements jugés à haut risque des chaînes d’approvisionnement européennes, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Guo Jiakun a fait part de la «forte préoccupation» de la Chine.

Il a exhorté l’UE à ne pas s’engager davantage dans une logique protectionniste, avertissant que Pékin prendrait, si nécessaire, des mesures pour défendre les intérêts de ses entreprises.

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«Les entreprises chinoises opèrent depuis longtemps en Europe dans le respect des lois et réglementations et n’ont jamais mis en danger la sécurité nationale européenne», a assuré Guo Jiakun.

Renforcer la résilience globale de l’Union

La Commission européenne a présenté une révision du règlement sur la cybersécurité (Cybersecurity Act, CSA), destinée à instaurer un cadre juridique obligeant les États membres à se détourner des fournisseurs de technologies de l’information et de la communication (TIC) issus de pays tiers considérés comme présentant un risque élevé pour la cybersécurité dans les secteurs critiques.

Cette révision, baptisée «CSA 2», vise à renforcer la résilience globale de l’UE en matière de cybersécurité, en réduisant les vulnérabilités liées aux chaînes d’approvisionnement dans des domaines clés tels que les télécommunications, l’énergie, le cloud, l’espace ou encore la santé.

Avec ce texte, la Commission et les États membres pourront conjointement désigner certains pays comme présentant un risque élevé en matière de cybersécurité. Ils pourront aussi identifier les entreprises étrangères, dont les équipements nécessiteraient des garanties renforcées avant d’être intégrés aux chaînes d’approvisionnement européennes. Les mesures prévues pourraient aller jusqu’à l’exclusion totale des fournisseurs considérés comme à haut risque.

Bruxelles présente cette réforme comme un instrument destiné à renforcer la cybersécurité de l’Union, tout en cherchant à limiter les tensions géopolitiques. Le porte-parole de la Commission pour les questions technologiques, Thomas Regnier, a précisé à au site d’information Euractiv que le texte ne vise aucun pays en particulier, mais qu’il «établit un cadre permettant à l’UE et aux États membres d’identifier les pays tiers posant des problèmes de cybersécurité».

La Chine, en ligne de mire

Le projet ne désigne pas officiellement la Chine comme un pays à haut risque, ni Huawei ou ZTE comme tels, mais la situation n’avait pas changé depuis leur désignation dans le cadre de la boîte à outils 5G, a indiqué un fonctionnaire de la Commission à Euractiv.

De fait, la Chine et ses entreprises devraient être désignés dans le cadre du CSA 2, car dans le secteur des équipements de télécommunications mobiles (4G et 5G), l’UE a mené des évaluations ayant conduit à qualifier les entreprises chinoises Huawei et ZTE de fournisseurs à haut risque.

Face à la situation actuelle, les États membres de l’UE devraient supprimer progressivement leurs équipements dans le cadre d’un dispositif visant à réduire les risques pour les réseaux mobiles de l’Union. Mais cette boîte à outils 5G a été peu utilisée par les capitales, ce qui explique pourquoi la Commission fait désormais pression pour imposer une reconfiguration.

«Nous ne pouvons plus être naïfs quant à la capacité des acteurs malveillants à désactiver les systèmes TIC qui font fonctionner nos infrastructures critiques», a averti le 20 janvier la commissaire chargée de la technologie, Henna Virkkunen, devant le Parlement européen.

Mais la Chambre de commerce chinoise auprès de l’UE a évoqué la question du coût, arguant dans une déclaration envoyée à Euractiv que «l’exclusion forcée des fournisseurs établis pourrait faire augmenter les coûts, limiter la diversité des fournisseurs, retarder la mise à niveau des réseaux» et imposer des coûts supplémentaires à l’industrie.

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