L’activiste et chanteuse Denise Ho a tenu un discours devant le Conseil des droits de l’Homme à l’ONU à Genève le 8 juillet 2019. A cette occasion, un représentant chinois a interrompu son allocution.

Denise Ho, chanteuse pop-rock de 42 ans, a participé aux récentes manifestations à Hong Kong, mais elle est surtout devenue une figure du mouvement prodémocratie de l’automne 2014, la «révolte des parapluies».

Le projet de loi d’extradition vers la Chine, dont les manifestants réclament l’abandon total, «supprimerait le pare feu protégeant Hong Kong de l’ingérence du gouvernement chinois», a-t-elle avertit, avant d’être interrompue par le représentant chinois qui a demandé un «point d’ordre».

Cette procédure régulière est assez rare lorsque des représentants d’organisations non gouvernementales parlent aux Nations Unies. Dai Demao, premier secrétaire à la mission chinoise auprès de l’ONU, a prit prendre la parole et affirmer que mentionner «Hong Kong aux côtés de la Chine» est un «affront (au principe) d’une seule Chine et aux principes de la Charte des Nations unies».

Quelques secondes plus tard, il a de nouveau interrompu la chanteuse pour dénoncer ses «allégations non fondées sur le système ‘Un pays, deux systèmes’». «Les Nations unies convoqueront-elles une session d’urgence pour protéger le peuple de Hong Kong? Etant donné les abus, l’ONU retirera-t-elle la Chine de ce Conseil des droits de l’Homme?», a conclu la chanteuse.

Dans une interview accordée à l’Agence France Presse, avant la réunion, Denise Ho a appelé les Etats-Unis à soutenir les protestataires hongkongais, en matière de «droits humains» et de «démocratie».

«Ils peuvent en parler et ils ont le pouvoir de faire pression sur la Chine», a estimé la chanteuse. Pour Denise Ho, Beijing «s’immisce dans les affaires de Hong Kong depuis de nombreuses années» et «nous pouvons demander aux Nations unies de convoquer une séance d’urgence sur Hong Kong pour examiner le fait que la Chine, le gouvernement communiste, ne respecte pas ce traité international contraignant».

Selon la chanteuse, quelque 70 personnes ont été détenues depuis le début de la contestation en juin. Certaines d’entre elles ont été relâchées. La crise a été déclenchée par un projet de loi autorisant les extraditions en Chine continentale dont « la mort » annoncé par Carrie Lam nn’a pas suffi à apaiser la colère des manifestants.

De son côté, la police a refusé de publier le nombre exact de personnes arrêtées depuis un mois. Denise Ho s’inquiète aussi d’une «vague de suicides» de jeunes angoissés par la perspective d’un avenir sous le joug de Pékin et qui «ont laissé des messages qui pointent directement le gouvernement de Hong Kong».