Des divergences de fond sur le commerce, l’investissement et les droits des minorités freinent les discussions et négociations entre la Chine et l’Union européenne (UE).

En effet, les deux parties peinent à se mettre d’accord sur une déclaration commune. Cette situation chamboule la volonté des Européens souhaitant intégrer plus rapidement le marché chinois.

Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’UEont convenu le mois dernier de faire montre de fermeté face à un pays peu porté sur la réciprocité. Ces derniers redoutent ne souhaitent pas que la Chine consolide ses positions dans des secteurs stratégiques.

Généralement les communiqués communs sont publiés à la fin des sommets bilatéraux afin d’officialiser les débats et décisions. Donald Tusk, le président du Conseil européen, a recommandé de rejeter le communiqué en l’état.

Ce dernier a estimé que la Chine n’a pas répondu aux espoirs européens d’ouvrir ses marchés ou de s’engager plus profondément dans la réforme des règles du commerce international.

Selon la première version du communiqué, présenté par l’UE dont l’agence de presse Reuters a pris connaissance, le gouvernement chinois serait tenu de mener à bonne fin des négociations sur un pacte d’investissement et de lever des barrières commerciales, jugées abusives par Bruxelles.

Bruxelles veut ainsi montrer aux Américains que le conflit n’est pas le seul moyen de pousser la Chine à plus de libéralité. Les responsables chinois ont toutefois modifié voire supprimé plusieurs de ces mentions.

D’après des diplomates de l’UE cités par Reuters, ces modifications pourrait impacter la rencontre entre le Premier ministre chinois Li Keqiang, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et Donald Tusk et que le sommet se termine sans communiqué commun.

Plusieurs points font débat, comme la volonté des Européens de voir la Chine s’engager contre les cyberattaques et pour un meilleur respect des droits religieux de la minorité ouïghoure.

Lors d’un point presse, le secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères, Wang Chao, a indiqué que les deux parties s’employaient à dégager un consensus. Les négociations vont se poursuivre jusqu’au 9 avril.