L’homme d’affaires chinois Bao Fan, connu dans le monde de la tech en Chine, est porté disparu, a annoncé sans d’autres explications son groupe. Bao Fan, 52 ans, est le cofondateur de China Renaissance, l’une des plus importantes banques d’affaires privée de Chine, spécialisée dans les investissements dans la tech.

Le groupe a supervisé notamment l’entrée en Bourse de plusieurs géants du numérique, dont le spécialiste du e-commerce JD. com. Il est aussi à l’origine d’une fusion en 2015 entre le champion local du VTC, Didi, et un concurrent de l’époque, Kuaidi Dache. Fondé en 2005, China Renaissance, qui revendique plus de 700 employés à travers le monde, est présent à Singapour et aux Etats-Unis.

China Renaissance « n’est pas en mesure de contacter (son PDG) Bao Fan », a indiqué l’entreprise, sans autres explications, dans un communiqué le 16 février. Selon le média économique Caixin, Bao Fan est injoignable depuis le 13 février. Le 17 février, l’action China Renaissance a perdu plus de 30% en séance à la Bourse de Hong Kong, où le groupe est coté, avant de clôturer en repli de plus de 28%.

« L’indisponibilité » de Bao Fan semble « pas liée à l’activité et/ou aux opérations de la société, qui se poursuivent normalement », a estimé China Renaissance dans un communiqué. Contacté par l’AFP, le groupe n’a fait aucun commentaire.

Une absence prolongée du patron de China Renaissance « pourrait avoir des répercussions à long terme sur le titre, car Bao Fan est l’homme clé de l’entreprise« , a révélé Willer Chen, analyste pour le courtier Forsyth Barr cité par l’agence Bloomberg.

Selon Caixin, les autorités chinoises ont placé en détention en septembre 2022 le président de China Renaissance, Cong Lin, après l’ouverture d’une enquête concernant son travail lorsqu’il était à la banque d’État ICBC.

La disparition de Bao Fan laisse présager une nouvelle campagne de mesures restrictives du secteur financier chinois, alors que le président Xi Jinping poursuit sa politique de lutte contre la corruption.

Interrogé lors d’un point de presse, Wang Wenbin, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a affirmé n’être « pas au courant de cette information ». « Mais je peux vous dire que la Chine est un pays où règne l’État de droit », a-t-il souligné, et « le gouvernement chinois protège les droits légitimes de ses citoyens, conformément à la loi ».

Pour l’heure, aucune raison officielle n’a été invoquée pour expliquer sa disparition. Selon Bloomberg, la famille de Bao Fan a été informée qu’il « participait à une enquête ». Dans un article, le Financial Times, a indiqué que le banquier préparait ces derniers mois un projet de création d’un family office – une société de gestion de patrimoine – à Singapour, afin d’y transférer une partie de sa fortune.

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«Comme de nombreux Chinois fortunés, depuis la répression du secteur technologique en Chine et pendant le confinement de la pandémie, il essayait de diversifier sa richesse à Singapour», a déclaré une personne ayant connaissance de son projet auprès du quotidien britannique.

Cette disparition rappelle celle du magnat canadien d’origine chinoise, Xiao Jianhua, qui avait disparu en 2017 d’un hôtel à Hong Kong. Réputé proche des hauts dirigeants communistes chinois, il avait selon des informations de presse été enlevé par des agents de Pékin.

Xiao Jianhua était à l’époque de son arrestation l’un des hommes les plus riches de Chine, avec une fortune estimée à 6 milliards de dollars. L’ex-homme d’affaires a finalement été condamné l’an dernier à 13 ans de prison pour fraude.