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ECONOMIE

Des doutes sur les données économiques du gouvernement

En janvier, le gouverneur du Liaoning, Chen Qiufa a reconnu que les services de sa province avait falsifié ses chiffres de croissance économique de 2011 à 2014, jetant le doute sur la fiabilité des statistiques du pays.

 Alexander Chipman Koty, ‎associé éditorial et recherche à Dezan Shira & Associates éditeur de China Briefing, a expliqué que « le cas du Liaoning légitime les soupçons de manipulation des données et d’insuffisances méthodologiques faussant la réelle performance économique de la Chine« .

Le Manque de transparence dans le processus de collecte

Ces suspicions de longue date et cette récente révélation freinent les investisseurs étrangers, qui ont besoin de statistiques précises pour pouvoir « prendre des décisions commerciales éclairées« .

Mais de nombreuses experts et observateurs soupçonnent des approximations et manipulations des données à différents niveaux, car ces chiffres sont le plus souvent très politiques au sein du gouvernement, qui vise l’excellence à tout instant.

D’ailleurs de nombreux cadres mentent sur les performances locales pour protéger leur avancement et s’assurer des bonnes faveurs du  pouvoir central. Pour Alexander Chipman Koty, plusieurs facteurs expliquent ces manipulations. En effet, les statistiques sont publiées rapidement, et à des rythmes soutenus laissant présager des erreur, voir des modifications. Il apparaît évident que les doutes seraient levés « s’il y avait une plus grande ouverture sur la collecte des données et sur les différents composants qui forment les nombres finaux« .

De plus, la méthodologie utilisée pour calculer ses données économiques est « opaque, et certains accusent même le gouvernement de changer brusquement les méthodes sans annonce pour fausser les chiffres et dissimuler les reculs« , précise Alexander Chipman Koty. En outre, les lois statistiques interdisent les enquêtes sur le terrain, sauf autorisation du gouvernement central, limitant les mesures de l’activité économique.

Des alternatives mises en place 

Face à l’insuffisance des statistiques, banques et économistes ont mit en place la méthode de l’indice « Li Keqiang », qui mesure les niveaux des prêts bancaires, les volumes de fret ferroviaire et la production d’électricité comme baromètre de la croissance.

D’autres méthodes se basent sur le chargement de camions, le ciment, l’acier et la consommation de gaz naturel, ainsi que et les importations en provenance de pays riches en produits de base comme l’Australie et le Canada.

D’après l’analystes, « en utilisant des mesures comme celles-ci, la croissance de la Chine au cours des dernières années peut sembler encore moins rose que ne suggère son déclin pluriannuel ».

Ainsi en se fondant sur des indices d’activité ou la consommation d’électricité, des analystes jugent que la croissance chinoise pourrait avoir été en 2015 bien inférieure à 6,9%, le chiffre officiel.

Mais les chiffres trimestriels du PIB correspondent parfaitement aux objectifs de croissance précédemment annoncés. Par exemple, en 2016, le gouvernement visait une croissance de 6,5 à 7%, et la croissance trimestrielle était dans la fourchette. Le gouvernement a enregistré une croissance de 6,7% dans chacun des trois premiers trimestres et 6,8% dans le dernier.

Des écarts persistent entre réalité et manipulation

Malgré ces méthodes, « il est difficile d’identifier ces écarts dans les statistiques officielles. Les officiels sont conscients que ces statistiques sont surveillées, ce qui crée des incitations à masser les données« .

D’ailleurs, le système de collecte des données du Bureau d’état des Statistiques (BES) visait au départ à évaluer l’industrie lourde et la production industrielle, désormais, il doit prendre en compte le secteur des services, qui est beaucoup plus difficile à mesurer.

Selon Chi Lo de BNP Paribas, cité par China Briefing, « les nouveaux secteurs en plein essor, y compris les achats en ligne et la réservation de voyages, ne sont même pas inclus dans les données officielles traditionnelles des ventes au détail« .

Face à l’évolution de la société, le pouvoir central utilise de plus en plus des indicateurs de « qualité » pour juger de la performance économique. Ceux-ci concernent la qualité de vie, telles que les taux de chômage, la croissance des revenus et le prix du logement, le bien-être …, devenus des jauges plus importantes de la performance économique que de la croissance du PIB.

D’autant que Beijing veut s’assurer de l’harmonie de la société afin d’éviter toute contestation sociale pouvant aboutir à une révolte. Entre la baisse de la croissance, la hausse du chômage, la pollution constante, les répressions contre certaines minorités ethniques, sans oublier les libertés sous contrôle, le gouvernement de Xi Jinping tente de maintenir la barre coûte que coûte.

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