Alors que le vin rouge est très populaire en Chine, le champagne reste peu consommé. Avec 1,8 million de bouteilles vendues en 2019, et une baisse par rapport à 2018, la Chine n’occupe que le 15e rang mondial des importations, et la progression sur dix ans est bien plus faible qu’ailleurs.

La Chine importe près de 2 millions de bouteilles de champagne par an depuis la France et les vins français importés, y compris le champagne, devraient enregistrer une baisse de 50%.

D’après Wang Wei, la directrice du bureau chinois du Comité interprofessionnel des vins de Champagne (CIVC), « l’épidémie a porté un coup dur à la consommation de champagne en Chine car elle a coïncidé avec le nouvel an chinois, lorsque les ventes d’alcool sont les plus fortes. Aujourd’hui, l’épidémie a été endiguée et la consommation chinoise devrait reprendre au cours des prochains mois, mais c’est au tour de l’Europe d’être frappée de plein fouet par le COVID-19, engendrant des perturbations dans les communications avec les établissements vinicoles locaux et dans la logistique ».

Outre le contexte international, « le prix moyen d’une bouteille de champagne est largement supérieur à celui d’un autre vin, donc il s’adresse encore à une petite partie des consommateurs », a expliqué Edouard Duval, fondateur de la société East Meets West Fine Wines. « De plus, les chinois consomment surtout du rouge, peu de boissons froides ou pétillantes », a indiqué le distributeur français.

Le champagne est principalement consommé dans les restaurants et en boîte de nuit, et surtout à Shanghaï. Dans cette ville internationale et capitale économique, le champagne « peut être vendu au verre alors que, à Pékin, c’est plus difficile. L’une des raisons est que la nourriture du Nord, prononcée et salée, porte vers le vin rouge, tandis que la cuisine shanghaïenne, plus légère, se marie bien avec du champagne », a indiqué au quotidien Le Monde, Zhou Jinsong, critique de vins français en Chine.

De plus, « la mode des pétillants italiens ou espagnols très bon marché permet de vulgariser le vin pétillant. Cela donne aux consommateurs chinois une marge d’apprentissage. Car le champagne est un produit très sophistiqué : l’acidité, la fraîcheur peuvent choquer ».

Les ventes se portent particulièrement bien pour Duval-Leroy (comme pour d’autres) malgré l’épidémie de Covid-19. Edouard Duval a expliqué au journal Le Monde que « nos ventes, de janvier à novembre, sont en hausse de 20 % en valeur grâce à une forte demande de cuvées prestiges, les plus chères − millésimés, grands crus, rosés − pour la clientèle privée, les entreprises et la vente en ligne, une tendance qui dépasse toutes les autres catégories de vins que nous distribuons ».

Ce dernier a expliqué que « les 140 millions de Chinois qui d’habitude voyagent à l’étranger reportent leurs achats sur des produits de luxe et sur la restauration haut de gamme locale ».