Hausse des exportations chinoises vers l’Europe
Selon un article publié le 18 février par la Banque centrale européenne, en 2025, une partie des exportations chinoises ont été redirigés vers d’autres marchés, notamment l’Europe, en raison de facteurs structurels et non à cause des droits de douane américains.
«Si une partie du recul des exportations chinoises vers les États-Unis peut être attribuée aux nouveaux droits de douane, il n’existe jusqu’à présent que peu de preuves que ces mesures aient entraîné une redirection substantielle (de ces exportations) vers d’autres marchés», ont noté les auteurs du bulletin mensuel de l’institution.
En 2025, les exportations chinoises ont été globalement résilientes, progressant de 5,5% sur un an, contre 4,6% en 2024. La baisse de 20% vers les États-Unis a été compensée par la croissance vers d’autres régions: 8% pour la zone euro, dont 8,8% vers l’Allemagne, selon l’Office allemand Destatis, 13% pour l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), 7% pour l’Amérique latine et 26 % pour l’Afrique, a précisé l’article.
Pour la BCE, les droits de douane américains ont entraîné qu’une réorientation limitée des ventes, portant sur un petit nombre de produits, notamment de consommation.
En revanche, la vigueur récente des exportations chinoises vers d’autres marchés «semble être principalement liée à des tendances antérieures», ont expliqué les auteurs. Ces derniers citent «la faible demande intérieure» qui a poussé les entreprises chinoises à «exporter leurs capacités excédentaires», ce qui a fait baisser des prix à l’export.
De plus, des «gains de compétitivité renforcés par une monnaie faible», et «l’expansion industrielle» menée par Pékin, notamment à travers le projet d’infrastructures «Belt and Road» (Nouvelles routes de la soie).
Dans une interview accordée le 10 février à Econostream Media, le vice-président de la BCE, Luis de Guindos, a souligné que la présence des produits chinois en zone euro «devient de plus en plus marquée». Selon lui, tant que l’évolution des tensions commerciales sino-américaines reste incertaine, tout détournement supplémentaire des échanges chinois vers l’Europe devrait inciter la BCE à une «grande vigilance», car les exportations chinoises pourraient «avoir un impact à la baisse sur l’inflation comme sur la croissance».
Vers une taxation des produits chinois?
Selon le rapport du Haut-Commissariat à la stratégie et au plan, publié le 9 février, face à l’intensité de la concurrence chinoise à laquelle est soumise l’industrie européenne, il faudrait taxer toutes les importations en provenance de Chine à 30%.
L’analyse montre « un rapprochement de la structure des exportations de la Chine et de l’Union européenne (UE), qui se traduit par une concurrence accrue sur les marchés internationaux, que la faiblesse du yuan amplifie », selon le journal Le Monde. Le rapport note toutefois que la Chine n’écrase pas toute l’industrie européenne. L’excédent commercial annuel des biens de l’UE affiche 381 milliards d’euros au troisième trimestre 2025, contre 367 milliards à la même période en 2024. En dépit, de près de 1 000 milliards d’excédents commerciaux chinois en 2025. Aujourd’hui, l’enjeu du choc chinois est donc d’abord sectoriel.


